<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?><rss version="2.0" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"><channel><title>Archives documentaires</title><link>http://archidoc.canalblog.com/</link><description>Inédits, traductions &amp; raretés, mis au net par Philippe Billé.
(&quot;J&apos;ai vu les moeurs de mon temps, et j&apos;ai publié ces Lettres.&quot; - JJR)</description><language>fr</language><lastBuildDate>Fri, 25 Jul 2008 21:22:02 GMT</lastBuildDate><generator>CanalBlog - http://www.canalblog.com</generator><item><title>Lettre documentaire 431</title><dc:creator>Ph B</dc:creator><link>http://archidoc.canalblog.com/archives/2008/07/25/10033326.html</link><category>mexique</category><category>sauvages</category><category>usa</category><comments>http://archidoc.canalblog.com/archives/2008/07/25/10033326.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://archidoc.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/10033326/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://archidoc.canalblog.com/archives/2008/07/25/10033326.html</guid><description>&lt;p&gt;RELIGION ET EMPIRE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une file d’hommes monte lentement l’escalier abrupt qui mène au sommet d’une pyramide. A son arrivée en haut, chaque homme est saisi et plaqué sur un autel. Un prêtre s’approche, tenant à deux mains un couteau à la lame de pierre. Il élève le couteau au-dessus de sa tête en concentrant sa force, entonne une prière, puis plonge le couteau vers le bas. L’homme allongé sur l’autel meurt sous une averse de son propre sang. Son cœur est arraché et déposé dans un bol. Son corps est tiré jusqu’au bord des marches et jeté. Tandis qu’il roule et rebondit jusqu’en bas, un autre homme est amené et étendu sur l’autel. Des centaines d’hommes ont péri depuis le début de la cérémonie, des centaines d’autres mourront d’ici la fin.&lt;br /&gt;A côté de la pyramide s’élève un entrepôt où sont disposés les crânes de dizaines de milliers d’anciennes victimes. Comme les corps disloqués qui s’accumulent au pied de l’escalier, les crânes sont ceux de prisonniers capturés à la guerre. Ils ont été sacrifiés pour nourrir le soleil. Si le soleil n’est pas repu de vigoureux sang de guerriers, il deviendra trop faible pour mener sa lutte quotidienne contre les forces de l’obscurité, et l’univers sera détruit.&lt;br /&gt;Aujourd’hui le soleil est brillant et fort, visiblement apte à combattre. Mais qu’en sera-t-il demain ? la semaine prochaine ? dans un an ? La crainte de la destruction perdure, et l’exigence de sang est implacable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un vieil homme se tient immobile, assis dans une salle faiblement éclairée. Tout ce qui l’entoure témoigne de sa richesse et de sa puissance. Ses vêtements et le mobilier sont de première qualité. Des serviteurs vont et viennent, obéissant à ses ordres. Plusieurs auxiliaires s’entretiennent avec lui, leur ton et leurs postures marquent le respect. L’un d’eux pose des questions et les autres répondent. Le vieil homme lui-même ne parle pas à haute voix. Les questions concernent l’état des cultures dans ses fermes, et les dispositions prises dans une de ses maisons de campagne, où il envisage de passer l’été. Tout le monde sent qu’il est très satisfait, bien qu’il écoute sans sourire ni bouger son regard. Au contraire il reste distant et imperturbable, dans une attitude typiquement noble.&lt;br /&gt;En fait, cet imposant vieillard est un roi. Il affirme descendre du soleil, et ses sujets le révèrent comme un dieu. Il a été marié des centaines de fois, mais son épouse principale est sa sœur. Sa joie du moment tient à la visite imminente de son fils favori, celui qu’il a choisi comme héritier du trône.&lt;br /&gt;Ce vieux chef incestueux, qui s’occupe présentement de ses affaires comme chaque jour, est mort depuis trente-cinq ans. Son fils, qui lui a succédé et qui dînera avec lui ce soir, est mort il y a trois ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des vivants mourant pour nourrir le soleil, et des morts vivant à la tête d’une nation. (...) Les faits décrits ci-dessus ne sont que des reconstitutions, mais correspondent bien aux données de la documentation. Les deux scènes proviennent de civilisations qui existaient il y a moins de cinq cents ans. Le sacrifice humain et l’accumulation de crânes dépeint les Aztèques du Mexique. Le cadavre vivant assis dans son palais illustre les Incas du Pérou. Aussi bizarre que ces images puissent paraître à des esprits occidentaux du vingtième siècle, c’étaient des réalités quotidiennes pour les Mexicas et les Incas, les deux grandes puissances impériales de l’Amérique au moment de la découverte européenne. (...)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- - - - - - - - - - - - &lt;br /&gt;Premières pages du livre de Geoffrey W Conrad et Arthur A Demarest, &lt;em&gt;Religion and empire : the dynamics of Aztec and Inca expansionism&lt;/em&gt; (Cambridge University Press, 1984) ici traduites par Philippe Billé.&lt;/p&gt;</description><pubDate>Fri, 25 Jul 2008 08:14:00 GMT</pubDate></item><item><title>Lettre documentaire 430</title><dc:creator>Ph B</dc:creator><link>http://archidoc.canalblog.com/archives/2008/06/23/9684176.html</link><category>autobio</category><comments>http://archidoc.canalblog.com/archives/2008/06/23/9684176.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://archidoc.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/9684176/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://archidoc.canalblog.com/archives/2008/06/23/9684176.html</guid><description>&lt;p&gt;TOUTE LA JOURNEE (Avril 2008) par Bruno Richard&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me lève à 4 h 30 (AM) ou 5, 6, 7, 8 h maximum. Je dessine 1, 2, + ? h. Je réponds à qqs uns de mes 100, 200 contacts mail. J’enregistre leurs images et lis leurs liens. Je mets 1 h à faire des paquets postaux, à sélectionner quoi envoyer. Je prends mon fils 1 h pdt que sa mère se douche dans ce même temps. Je le photographie avec le photobooth de l’ordinateur. J’avale 1 anxiolitique ou + 1 h ou 1 h 30 aussi avant de sortir. Je surveille l’heure afin que l’effet du médicament m’empêche d’avoir des angoisses dans la rue et ailleurs. J’ai bu 1 grand mug de thé, puis après les médicaments habituels : lithium, anti-diarrhéique, doliprane et anti-ulcère ; 1 pt mug de café. Avec le thé, ¼ de baguette beurre et qqs fois confiture. Parfois , gâteaux secs aussi avec le café qui vient 1 à 2 h + tard. Je me lave + ou moins vite et lgtps. Je prends le bus pour telles ou telles librairies ou tels ou tels magasins, bricolage, nourriture, matériel dessin + tel ou tel rdv médical, bizness, banque, poste. Je passe à 12, 13 ou 14 h soit déjeuner avec fils et mère, soit je me repose de mes achats en mangeant wiz café. Je sieste ½ h, 1 h après avoir lu + ou moins. Je travaille à nettoyer, numéroter entre des articles sur les sites, les ranger, trier. Je sors boire 1 café en terrasse vers 18 h au + tard, en faisant des dernières courses ou déplacements à tel ou tel endroit, acheter, récupérer ou déposer telle ou telle chose. Je rerentre des livres ou les nettoie ou les scanne. Je re-e-mail. Si j’ai le courage, je range telle ou telle chose home. Si je suis las, je lis et sieste 1 peu avant d’aller comer wiz fils et dame. Je tivi, si ça m’intéresse de voir ce que c’est. Je quitte en cours si ça m’ennuie. Je remail ou rework on site. Certains travaux, comme numéroter ou nettoyer, ne nécessitant pas d’être face à l’ordinateur, s’effectuent soit sur mon canapé, 1 planche/table devant et je regarde des émissions ou films enregistrés en même temps. Films et émissions en VF par ex, qui ne nécessitent pas d’avoir les yeux rivés sur l’écran tévé. Parfois juste de la musique – 5 cd se peuvent entendre à la suite sur la «chaîne». Cd et tévé idem parfois en travaillant le matin ou durant la nuit si je me réveille avt de me recoucher. Je reste parfois chez A après le film, sinon rejoins l’appart à côté pour lire et éteindre la lumière, dormir, se lever etc. Je reçois parfois Untel ou Unetelle à 13 h ou 16 h ou 18 h, mais cela doit arriver 2 fois par semaine maximum. Je retrouve aussi parfois qq’un(e) sur l’1 de mes déplacements.&lt;br /&gt;PS. Je sors parfois dans la rue faire une course matin et/ou ap-midi avec le fils, pour le promener et m&apos;asseoir à 1 terrasse en écrivant.&lt;/p&gt;</description><pubDate>Mon, 23 Jun 2008 20:07:00 GMT</pubDate></item><item><title>Lettre documentaire 429</title><dc:creator>Ph B</dc:creator><link>http://archidoc.canalblog.com/archives/2008/06/03/9426921.html</link><category>hispano</category><category>pensées</category><category>uruguay</category><comments>http://archidoc.canalblog.com/archives/2008/06/03/9426921.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://archidoc.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/9426921/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://archidoc.canalblog.com/archives/2008/06/03/9426921.html</guid><description>&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;PSYCHOGRAMMES et autres pensées de Carlos Vaz Ferreira&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;* * * * * * * * * * * *&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Presque tout le monde croit qu’imiter les innovateurs, c’est innover.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Pour une gloire rapide : s’élever plus haut que beaucoup ne peuvent s’élever, mais pas si haut que beaucoup ne puissent voir.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Ceux qui aujourd’hui s’en prennent aux livres et au « livresque », sont le type même de gens influencés par les livres. Mais ils ne l’admettront jamais.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Il ne faut pas aimer la discipline ; mais il faut être capable de discipline.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Les relations entre intellectuels, surtout si ce sont des artistes, évoquent une sorte de jiu-jitsu. Quand ils polémiquent, quand ils se critiquent les uns les autres, ou se font éloge, ils savent où il faut toucher, et comment, dans quelle mesure, pour produire des douleurs horribles, dont ne donnent pas idée les combats grossiers et naturels.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Confondre en une même condamnation, ou en une même tolérance, tous les degrés du mal, peut être plus nuisible que le mal lui-même.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;EN LISANT DICKENS. – Son pouvoir de sympathie dépasse la mesure. D’autres bons auteurs nous font oublier, ou pardonner, la part médiocre de leur production. Mais lui – c’est là le prodige - il nous la fait lire.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;BACH. – S’il se trouvait que la musique de Bach était non la musique d’un seul homme, mais celle produite par tous les hommes de tous les temps jusqu’à maintenant, premièrement, cela ne nous semblerait pas peu, et deuxièmement, cela ne nous surprendrait pas.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;L’humanité apprend peu, par le raisonnement. Mais par l’expérience, elle n’apprend rien.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;« On ne tue pas les idées. »&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;C’est vrai : mais les mauvaises non plus.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&lt;br /&gt;----------------------------------------&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Ces maximes du penseur uruguayen Carlos Vaz Ferreira (1872-1958) ont été choisies dans son recueil &lt;em&gt;Fermentario&lt;/em&gt; (1938, réédition 1968) et traduites de l’espagnol par Philippe Billé.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Tue, 03 Jun 2008 06:50:00 GMT</pubDate></item><item><title>Lettre documentaire 428</title><dc:creator>Ph B</dc:creator><link>http://archidoc.canalblog.com/archives/2008/05/18/9220652.html</link><category>autobio</category><category>usa</category><comments>http://archidoc.canalblog.com/archives/2008/05/18/9220652.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://archidoc.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/9220652/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://archidoc.canalblog.com/archives/2008/05/18/9220652.html</guid><description>&lt;p&gt;FUSILS&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ma mère avait des idées bizarrement mélangées au sujet des armes à feu et de la violence, lorsque j’étais enfant. Par exemple, quand j’étais tout petit, elle m’emmenait toujours voir des films de guerre et des westerns très violents, mais elle ne m’aurait pas permis de posséder des petits soldats, parce qu’elle ne voulait pas que je joue à la guerre. Elle m’achetait cependant, sans que je le demande, toutes sortes d’armes à feu en jouets, pour que je puisse faire semblant de la tuer ou de tuer toute personne en vue. Elle a probablement bien fait, car très tôt j’ai développé une répulsion pour les vraies armes à feu et la vraie violence. Bien sûr, j’aimais quand même les films de guerre et de cow-boys, mais parce que je comprenais que ce n’était que fiction, de même que j’aimais mitrailler tout le monde autour de moi avec des jouets, car ça non plus n’était pas pour de vrai. Mais je me sentais très mal à l’aise en présence d’une arme véritable, comme ma mère s’en aperçut le jour où elle me montra son petit Calibre 38 Automatic, alors que j’avais environ quatre ans. Son intention, je suppose, était de me le faire manipuler pour satisfaire ma curiosité de temps en temps, afin que je ne sois pas tenté ensuite d’aller l’emprunter dans sa cachette. Son plan a marché en quelque sorte, car j’étais si dégoûté à la vue de cet objet, que non seulement je ne voulus pas le toucher, mais que je ne me rapprochai pas non plus d’elle tant qu’elle ne l’eut pas fait disparaître. Je me tins dès lors à distance de la vieille machine à coudre où elle me montra qu’elle le cachait, et que j’évitai désormais comme une zone pestiférée.&lt;br /&gt;Inutile de dire que je fus épouvanté quand ma mère me fit la surprise d’une carabine à air comprimé pour mon cinquième anniversaire. C’était une Daisy Brand, Red Rider BB, avec un chargeur d’une capacité de mille coups. Je fus d’abord émerveillé par ce que je prenais à première vue pour une arme postiche. Puis ma mère toute souriante exhiba les deux grosses boîtes de plombs, en m’expliquant comment tirer, me laissant atterré devant son irresponsabilité évidente. Elle me choqua encore plus quand elle insista pour que j’essaye de m’en servir immédiatement, à l’intérieur même de la petite salle à manger où se déroulait ma fête d’anniversaire. Bien sûr Tante Edna et Oncle Leland protestèrent en évoquant le danger que cela représenterait dans un espace aussi confiné, mais ma mère assura qu’il n’y aurait aucun danger à ce que je tire dans l’emballage en carton froissé d’où sortait la carabine. C’est donc ce que je fis, avec ma mère qui m’aidait à viser. C’était il y a cinquante-six ans, mais je garde aujourd’hui encore le plus vif souvenir du bruit produit par ce simple plomb quand il partit, trouant tout sur son passage et ricochant furieusement sur les murs de la petite pièce une demi-douzaine de fois, avant de finir sa course en s’enfonçant profondément dans le côté de mon gâteau, tandis que nous nous jetions tous au sol avec terreur. Vraiment un mémorable cinquième anniversaire.&lt;br /&gt;Après ce lointain faux pas, ma mère ne perdit jamais tout à fait sa passion pour les armes à feu, mais elle devint plus circonspecte, surtout quand Tante Edna et Oncle Leland étaient par là. Ce fut donc seulement après que j’eus quitté l’armée, qu’elle refit une tentative d’éveiller mon intérêt pour les armes, en m’offrant un fusil de chasse 22 long rifle, pour ma sécurité, à mon vingt-quatrième anniversaire. Hélas, si j’avais été plutôt méfiant envers les armes quand j’étais enfant, je les détestais maintenant tout à fait, après avoir été entraîné comme je venais de l’être à leur maniement, et après avoir vu concrètement ce qu’elles pouvaient produire. Tandis que je cherchais mentalement un moyen de refuser en douceur ce cadeau sans la vexer, je réalisai soudain qu’elle semblait en extase devant le fusil, qu’elle contemplait tout en le caressant doucement. Je compris alors que, bien qu’elle l’ait acheté pour moi, elle était comme tombée amoureuse de cet objet. Jugeant qu’il en était ainsi, je lui avouai simplement mon manque d’intérêt pour les armes à feu et lui suggérai qu’il vaudrait mieux rapporter le fusil et se faire rembourser. Comme je m’y attendais plus ou moins, elle s’en empara en arborant un sourire épanoui, et affirma sans hésiter que dans ce cas, elle le garderait pour sa propre sécurité, puis elle me demanda avec empressement de lui montrer comment le charger, ce que je fis, naturellement, tout en insistant sur la nécessité de toujours le manier avec précaution.&lt;br /&gt;Quelques semaines s’étaient écoulées depuis que ma mère était rentrée chez elle avec son fusil tout neuf, lorsqu&apos;elle me téléphona pour m’annoncer qu’elle avait acheté du matériel pour le nettoyer, et qu’elle voulait que je passe lui montrer comment s’en servir, ce à quoi je me sentais tout à fait disposé, car je voyais qu’elle manifestait ainsi son sens de la responsabilité. Mais ma bonne impression s’évanouit bientôt, lorsque après m’être assis sur son canapé pendant qu’elle allait chercher le fusil dans sa cachette, elle surgit tout à coup dans l’embrasure de la porte en le brandissant dans tous les sens, le pointant plusieurs fois vers moi malgré mes protestations, pour ne s’arrêter que lorsque je me fus jeté à l’abri derrière le canapé. Amusée par ma réaction, elle répétait avec insistance qu’il n’y avait absolument aucun danger, puisqu’elle avait auparavant déchargé l’arme. Mais finalement, après avoir obtenu qu’elle pointe le canon vers le sol, je sortis sans un mot de derrière le canapé, lui pris le fusil des mains, ramenai la culasse en arrière, et vis avec effroi une cartouche s’éjecter de la chambre et tomber à nos pieds. Devant cette révélation ma mère éclata en sanglots, déclara qu’elle ne voulait plus garder l&apos;arme chez elle, m’implorant de l’emporter et de la garder en lieu sûr.&lt;br /&gt;Quelques jours après, cependant, elle me rappela pour me prier de lui rapporter le fusil, affirmant qu’elle en avait besoin pour sa protection, car les cambriolages se multipliaient alors dans le voisinage, mais qu’elle serait maintenant extrêmement prudente. J’avais de sérieux doutes quant à la sécurité que ce fusil pourrait lui assurer, mais j’estimai que la tranquillité d’esprit que sa présence lui procurerait l’emportait sur le danger qu’il représentait, et j’acceptai donc. Pendant de longs mois, l’arme reposa dans l’obscurité. Mais un après-midi, où je m’arrêtai chez ma mère avec de bonnes choses achetées au marché, elle fut longue à répondre quand je frappai à sa porte. A l’intérieur les chiens s’étaient mis à aboyer comme d’habitude, de sorte qu’elle ne pouvait ignorer qu’il y avait de la visite, et je l’entendis les faire taire, mais elle ne demanda pas qui était là. Au lieu de quoi je l’entendis ouvrir un placard et fouiller dedans, et j’eus aussitôt un mauvais pressentiment. Je dois préciser qu’à cette époque la vue et l’ouïe de ma mère déclinaient, c’est pourquoi je considérai qu’il était dangereux d’essayer de m’annoncer, à elle et à son fichu fusil. Je retournai donc précipitamment vers la rue et en effet, en passant devant la fenêtre de sa cuisine, je l’aperçus brièvement, qui se dirigeait vers la porte avec l’arme dans les mains. Je jugeai dès lors plus prudent de rentrer chez moi. Lorsque j’y arrivai un peu plus tard, le téléphone sonnait sans discontinuer. C’était elle, hors d’haleine, qui me raconta comment ses chiens l’avaient avertie de la présence d’un rôdeur, qu’elle avait mis en fuite grâce à son loyal fusil. Quand je lui eus expliqué ce qui s’était réellement passé, elle eut un long silence, puis avec un petit rire elle écarta le sujet en alléguant qu’il y avait eu plus de peur que de mal. Et de nouveau elle promit d’être plus prudente à l’avenir.&lt;br /&gt;Ce fut environ quatre mois plus tard, que ma mère me demanda, pour quelque raison, de passer la voir en rentrant du travail. J’arrivai avec un peu de retard, et comme il faisait nuit, je me présentai à la porte principale plutôt qu’à celle de derrière, car c’était là mieux éclairé. Comme d’habitude, les chiens se mirent à aboyer lorsque je sonnai et frappai à la porte, et comme l’autre fois je pus entendre ma mère se déplacer à l’intérieur, mais elle mettait bien du temps à venir ouvrir. Mes pieds obéirent à mes appréhensions et je me ruai dans le garage des voisins,&amp;nbsp; juste à temps pour voir la porte de chez ma mère s’entrouvrir en grinçant pour laisser passer le canon du fusil tandis qu’elle s’écriait « Qui est là ? », et aussitôt elle fit feu, la balle allant frapper le tronc de l’arbre en face, dans son jardin. Lorsqu’un peu plus tard j’arrivai chez moi en tremblant, mon téléphone sonnait une fois de plus sans arrêt, et ma mère me raconta comment elle avait reçu un rôdeur, qui avait eu le culot de venir frapper à sa porte.&lt;br /&gt;La passion de ma mère pour ce fusil ne disparut pas encore tout à fait cette fois, comme elle le prétendit d’abord. Plusieurs semaines d’abstinence s’ensuivirent, avant qu’elle ne réclame de nouveau son retour. Elle promit de le laisser déchargé, et je suppose qu’elle tint parole, car elle ne me tira plus jamais dessus lors de mes visites.&lt;br /&gt;Mais il y a encore un petit épilogue à cette histoire. Car pour mon quarantième anniversaire, ma mère me fit de nouveau la surprise de m’offrir une arme à feu, cette fois un fusil à pompe calibre 12, qui disait-elle serait formidable pour ma sécurité. Je voulus d’abord refuser son cadeau, mais je tressaillis en reconnaissant dans son regard le même scintillement de jadis, tandis qu’elle pelotait l’objet amoureusement. De ce fait, je l’ai probablement beaucoup déçue en la remerciant chaleureusement du magnifique présent, que je conservai, et que je cachai ensuite quelque part pour ne plus jamais y toucher.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Témoignage d’Angelo, lu en anglais dans la rubrique &lt;em&gt;Guns&lt;/em&gt; du site &lt;a href=&quot;http://www.ausgang.com/&quot;&gt;Ausgang&lt;/a&gt;, et ici traduit sans autorisation par Philippe Billé. Le traducteur remercie Lorenzo de son assistance technique.&lt;/p&gt;</description><pubDate>Sun, 18 May 2008 07:01:00 GMT</pubDate></item><item><title>Lettre documentaire 427</title><dc:creator>Ph B</dc:creator><link>http://archidoc.canalblog.com/archives/2008/04/28/8981155.html</link><category>proust</category><category>espagne</category><category>proust</category><comments>http://archidoc.canalblog.com/archives/2008/04/28/8981155.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://archidoc.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/8981155/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://archidoc.canalblog.com/archives/2008/04/28/8981155.html</guid><description>&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Les réponses de José María GIRONELLA au questionnaire de Proust&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Quel est votre principal trait de caractère ? – La ténacité.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Quelle qualité recherchez-vous chez un homme ? – La puissance de création.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Quelle qualité préférez-vous chez une femme ? – Le sens du devoir et la douceur.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Qu’appréciez-vous le plus chez vos amis ? – La fidélité et la cordialité.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Quel est votre principal défaut ? – Le manque d’organisation pour les petites choses.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Votre occupation favorite ? – Ecrire.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Votre idée du bonheur ? – Je ne rêve pas de bonheur, je me contente de la paix, de la tranquillité.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Quel serait votre plus grand malheur ? – Retomber dans la dépression.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Qu’aimeriez-vous être ? – Un bon écrivain.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Dans quelle ville préférez-vous vivre ? – Paris ou Rome.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Quelle est votre couleur préférée ? – La question me paraît idiote.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Quelle est votre fleur préférée ? – La question me paraît idiote.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Quel est votre oiseau préféré ? – La question me paraît idiote.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Vos prosateurs préférés ? – Mes préférences changent au fil des ans. Actuellement je suis dans Papini, Kazantzakis et Léon Bloy.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Vos poètes préférés ? – Je suis assez insensible à la poésie écrite. Par exemple, &lt;em&gt;Platero y yo&lt;/em&gt; (de Juan Ramón Jiménez, prix Nobel 1956, NdT) me paraît cucul. En tout cas, Claudel me semble être un bon poète. Machado aussi. Lorca, à un niveau très inférieur.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Vos héros de fiction ? – Aucun.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Vos héroïnes favorites de fiction ? – Aucune.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Vos compositeurs préférés ? – Il y en a au moins vingt, qui m’aident à vivre. Au-dessus de tous, Beethoven.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Vos peintres préférés ? – Il y en a au moins trente. L’un de mes préférés est Dürer.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Vos héros dans la vie réelle ? – Ceux qui consacrent leur vie aux autres, comme les missionnaires : J. Baker, Albert Schweitzer, etc.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Vos héroïnes historiques ? – L’héroïsme que l’on appelle historique me laisse assez indifférent.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Vos noms favoris ? – Je ne sais que dire.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Que détestez-vous le plus ? – La fausseté et l’envie.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Quels caractères historiques détestez-vous le plus ? – Juger nos ancêtres peut être risqué, car l’Histoire falsifie souvent les faits.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Quelle action militaire admirez-vous le plus ? – Les actions militaires me laissent froid. Je suis objecteur de conscience.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Quelle réforme vous a paru la plus importante ? – Celle que certains hommes accomplissent en eux-mêmes.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Quels dons naturels aimeriez-vous posséder ? – Une bonne mémoire. Cela me manque beaucoup.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Comment aimeriez-vous mourir ? – J’aimerais ne pas mourir.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Quel est votre état d’esprit actuel ? – Je suis avide de comprendre.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Quels actes vous inspirent le plus d’indulgence ? – Tous les péchés par tempérament.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Quel est votre devise ? – Travailler, voyager, avoir quelques amis.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Questionnaire publié dans &lt;em&gt;José María Gironella&lt;/em&gt;, par José Antonio Salso (Madrid : Ministerio de Cultura, 1982, p. 167-168) ici traduit sans autorisation par Philippe Billé.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Mon, 28 Apr 2008 06:58:00 GMT</pubDate></item><item><title>Lettre documentaire 426</title><dc:creator>Ph B</dc:creator><link>http://archidoc.canalblog.com/archives/2008/04/24/8936205.html</link><category>autobio</category><comments>http://archidoc.canalblog.com/archives/2008/04/24/8936205.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://archidoc.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/8936205/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://archidoc.canalblog.com/archives/2008/04/24/8936205.html</guid><description>&lt;p&gt;LEGO PARK&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;par Pascal Z&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Arial&quot; style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Mon père est né en Guadeloupe des fruits des amours illégitimes (la chose est fréquente sous ces latitudes) d&apos;une dame venue de Haïti (pour des raisons fort romanesques : un trésor caché, un esclave décapité, un témoin, une prédiction), et d&apos;un commerçant syro-libanais d&apos;origine arménienne (en Guadeloupe, les commerçants libanais sont appelés des Syriens). Après la naissance de mon père et de ma tante (fruit des mêmes amours illégitimes) ma grand-mère se maria avec un haut fonctionnaire de l&apos;administration coloniale locale (son frère fit une carrière militaire qu&apos;il termina, je crois, au grade de général). Après avoir passé son baccalauréat, mon père partit à Paris faire des études de droit. Ses études terminées, il trouva à travailler dans une compagnie d&apos;assurance (d&apos;après ce que je sais, il fréquentait alors les cercles de jeu et les cours du Parti Communiste). C&apos;est à cette époque (1958-1959) qu&apos;il rencontra ma mère (peut-être l&apos;a-t-il séduite avec cette histoire de trésor?). &lt;br /&gt;&lt;font style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Arial;&quot;&gt;Ma mère est née à Lyon. Son père était dessinateur industriel à la SNCF, sa mère institutrice dans la région de Châtillon sur Chalaronne (milieu relativement modeste, mon grand-père était gaulliste, ma grand-mère de gauche, ils ne s&apos;entendaient sur rien mis à part des convictions anti-religieuses communes).&lt;/font&gt;&lt;/font&gt; Ma mère a fait les Beaux-Arts, et lorsqu&apos;elle rencontra mon père elle était décoratrice (elle montait les vitrines) dans diverses boutiques de luxe parisiennes.&lt;br /&gt;Mon frère et moi (nous sommes jumeaux, faux jumeaux) sommes nés en novembre 1959. Le couple ne roulait pas sur l&apos;or, mes parents logeaient dans une petite chambre de bonne, rue Palatine, à côté de Saint-Sulpice. Il fut décidé (j&apos;avais 8 mois) de revenir en Guadeloupe. Le retour se fit par bateau (le paquebot Antilles) qui à l&apos;époque était le moyen de transport le moins onéreux.&lt;br /&gt;Sur place, mon père trouva à travailler dans une banque locale (la première banque locale montée par un jeune Antillais polytechnicien), ma mère fut professeur de dessin. Nous habitions au Raizet, sorte de banlieue tropicale (Jean Raspail, dans un ouvrage portant sur un voyage aux Antilles paru dans les années 70, dit que c&apos;est Asnières sur tropiques) où mon frère et moi traînions en compagnie de jeunes gens désoeuvrés, au grand dam de ma mère.&lt;br /&gt;Mon père continua à travailler au sein de la même banque (il y fit toute sa carrière), ma mère devint professeur de lettres (elle nous quitta au cours des années 1967-1968 pour passer divers certificats à Nanterre ; elle fut spectatrice des événements). Mes parents fréquentaient un milieu de professeurs (c&apos;est à cette époque qu&apos;ils firent la connaissance de ton président -Singaravélou- venu terminer une thèse sur la présence indienne aux Antilles), mon frère et moi les mêmes mauvais garçons avec qui nous allions chasser les fou-fous (les colibris) dans la mangrove et faire des parties de pêche sous-marine.&lt;br /&gt;Ma jeunesse fut douce et les filles jolies.&lt;br /&gt;Au milieu des années 70, nous quittâmes Le Raizet (ascension sociale oblige, entre temps tout en continuant ses activités de professeur, ma mère avait monté un commerce de produits nordiques - vaisselle, etc...) pour habiter Le Gosier, site plutôt touristique, dans une maison avec vue sur la mer.&lt;br /&gt;C&apos;est à cette époque que j&apos;ai rencontré celle qui devait devenir ma femme (elle venait passer ses vacances chez sa grand-mère, qui s&apos;était installée en Guadeloupe) dont les parents sont originaires des Charentes (région de Royan, La Tremblade).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;En 1976 (la Soufrière faisait des siennes, les lycées servaient de refuge) il fut jugé préférable que j&apos;allasse passer mon bac à Paris, où mes parents étaient toujours locataires (pour une bouchée de pain) d&apos;une chambre de bonne (je fus pensionnaire au lycée de Rambouillet). A compter de cette date, je ne suis retourné en Guadeloupe (le monde est vaste) qu&apos;à quatre ou cinq reprises. La plus longue fut en 1989 (environ un an) pour y travailler. Ce fut également l&apos;année du cyclone Hugo (des vents à 300 km/h, deux mois sans électricité). Ma femme ayant des problèmes d&apos;adaptation, je quittai les tropiques pour la Provence.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;----------&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;(Esquisse autobiographique reçue le 25 août 2007 aux Archives documentaires).&lt;/p&gt;</description><pubDate>Thu, 24 Apr 2008 06:58:00 GMT</pubDate></item><item><title>Lettre documentaire 425</title><dc:creator>Ph B</dc:creator><link>http://archidoc.canalblog.com/archives/2008/03/21/8402868.html</link><category>hispano</category><category>mexique</category><category>sauvages</category><category>XVIIIe</category><comments>http://archidoc.canalblog.com/archives/2008/03/21/8402868.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://archidoc.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/8402868/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://archidoc.canalblog.com/archives/2008/03/21/8402868.html</guid><description>&lt;p&gt;Sur les INDIENS JOVA du SONORA, par Juan NENTUIG.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;182&lt;br /&gt;Plus frustes et agrestes sont les Jovas, en particulier la majorité d’entre eux, qui ne veulent pas se contraindre à vivre en villages, car à part ceux qui sont installés à Ponidas, Teopari et Mochopa, ils préfèrent vivre dans les ravins de la montagne où ils sont nés. Ils restent insensibles à la sollicitude que l’on a pour eux, et ne prisent pas les bons traitements, les commodités qu’on leur procure afin de les retenir, même quand on a pu les attirer et les rassembler en villages, comme il est arrivé au père Manuel Aguirre, missionnaire à San Luis Gonzaga de Bacadeguatzi, avec ceux du campement de Satechi, ceux des rives de la rivière des Mulâtres et ceux de la rivière des Anneaux, qui vivent dans les broussailles et les halliers, subsistant de racines, d’herbes et de fruits sauvages, leurs semailles se limitant à quelques plants de maïs et à quelques citrouilles et pastèques, là où elles veulent bien pousser dans les défilés par où lesdites rivières sillonnent ces montagnes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;183&lt;br /&gt;Leur principale industrie est de fabriquer des nattes, nommées &lt;em&gt;hipet&lt;/em&gt; en opata, à partir des nombreux et excellents palmiers qui poussent sur leurs terres, et ils viennent les vendre dans les villages des environs, contre des graines et des vêtements. Ils se contentent de peu, car en général la couverture que les femmes s’ingénient à tisser à leur façon, avec la laine des quelques brebis qu’ils élèvent, sert aussi bien à l’homme de cape, de pourpoint et de culotte, et à la femme de châle, de robe, de chemise et de corsage. Leur bon côté, c’est qu’ils ne sont pas nuisibles, et ne s’en prennent pas aux vies ni aux biens de ceux qui sont installés. Ils ne se montrent hostiles et redoutables qu’avec les Apaches et l’un d’eux, en 1760, ayant été surpris avec sa femme et ses trois petits enfants, s’est battu contre sept Apaches depuis le lever du soleil jusqu’à bien tard, tuant quatre d’entre eux, et c’est seulement parce que les forces ont fini par lui manquer, du fait qu’il était à jeun, qu’il a dû mourir entre les mains des trois Apaches restants, ainsi que sa femme et ses enfants. Cet Indien s’appelait Salvador.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;184&lt;br /&gt;Le poison dont ils enduisent la pointe de leurs flèches est si mortel, qu’il tue aussi bien le blessé que celui qui le soigne si, comme le font communément les Indiens, le guérisseur suce la plaie. Ainsi sont morts il y a quelques années cinq ou six Apaches, qui après s’être battus avec deux ou trois Jovas à qui ils ont enlevé une femme, comme trois d’entre eux avaient été blessés et que les autres les soignaient, le venin s’est emparé de tous et les a tués, de sorte que la captive a pu s’enfuir et que l’on a su ce qui s’était passé. Plaise à Dieu que l’on trouve quelque moyen de faire que ces misérables quittent leurs ravins et viennent s’installer sur des terres où ils puissent être administrés, et mieux instruits en notre sainte foi, car à cela leur territoire n’est pas propice, ni à pratiquer l’agriculture, ni à mener une vie humaine et politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paragraphes 182-184 du &lt;em&gt;Rudo ensayo : descripción geográfica, natural y curiosa de la provincia de Sonora&lt;/em&gt;, de Juan Nentuig, S.I. (1764), traduits de l’espagnol par Philippe Billé d’après l’édition de México : SEP-INAH, 1977.&lt;/p&gt;</description><pubDate>Fri, 21 Mar 2008 07:35:00 GMT</pubDate></item><item><title>Lettre documentaire 424</title><dc:creator>Ph B</dc:creator><link>http://archidoc.canalblog.com/archives/2008/03/20/8391078.html</link><category>hispano</category><category>mexique</category><category>sauvages</category><category>XVIIIe</category><comments>http://archidoc.canalblog.com/archives/2008/03/20/8391078.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://archidoc.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/8391078/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://archidoc.canalblog.com/archives/2008/03/20/8391078.html</guid><description>&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Sur les INDIENS OPATA du SONORA, par Juan NENTUIG&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;163&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Chez les Opatas, et je pense qu’il en va plus ou moins de même dans les autres nations, pour devenir guerrier, il faut que le jeune aspirant, qui veut avoir sa place parmi les hommes, les ait déjà accompagnés quelques fois à la poursuite de leurs ennemis, ou dans des missions de reconnaissance en milieu dangereux. Quant ce bref noviciat militaire est accompli, le guerrier principal du village, au moment qui lui plaît, rassemble ses hommes à l’écart et les avise de la cérémonie qu’il envisage. L’un d’entre eux, qui sera le parrain du nouveau chevalier, va se placer derrière son filleul et lui pose les mains sur les épaules, tandis que les autres se disposent à l’entour, tous debout et avec leurs armes, qui sont des arcs et des flèches, et pour certains une lance légère, ou un bouclier. Le capitaine entame alors un long discours pour instruire le futur soldat des obligations de son nouvel état, lui représentant qu’il devra désormais se conduire en homme, savoir supporter le froid et la chaleur, la faim et la soif, avoir le cœur assez ferme pour ne pas craindre les ennemis, mais au contraire les considérer comme des fourmis, et quand l’occasion se présente, les tuer avec fougue et intrépidité.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;164&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Le sermon terminé, il sort de son carquois une patte d’aigle sèche et dure, et avec cet instrument commence à éprouver la valeur de son nouveau guerrier en le griffant tout au long des bras depuis les épaules, non en ligne droite mais en ondulant jusqu’aux poignets, et assez fort pour faire couler le sang. Après les bras, on fait de même sur la poitrine, enfin sur les cuisses et les jambes, toutes épreuves que le candidat doit endurer sans cri ni plainte, mais s’il n’est pas très vaillant, on ne lui interdit pas de verser quelque petite larme, et même si elle lui roule le long de la joue, cela n’empêche pas le capitaine de l’armer en lui remettant un arc, un carquois et des flèches, puis les autres témoins et le parrain lui offrent chacun une paire de flèches, et font ainsi de lui leur compagnon.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;165&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Mais ici ne prend pas encore fin le noviciat du nouveau Mars, car jusqu’à ce qu’un plus jeune encore entre à son tour dans la compagnie, les tâches les plus ingrates lui reviennent dans toutes les expéditions, comme de veiller toute la nuit sur les chevaux sans s’approcher du feu, aussi froide que soit la nuit, et si les autres s’aperçoivent qu’il s’exécute de mauvaise grâce, ils lui font la rude plaisanterie de lui jeter de l’eau jusqu’à le tremper des pieds à la tête, car c’est ainsi, disent-ils, que les hommes deviennent durs à la tâche. Cette mise en train n’est pas de trop, car lorsqu’ils veulent ensuite se mettre aux trousses des Apaches, qu’il pleuve, qu’il neige ou qu’il vente, dès qu’ils sentent qu’ils ne sont pas loin de l’ennemi, ils n’allument plus de feu, même la nuit, afin d’assurer leur approche et de pouvoir attaquer par surprise, car tels sont les stratagèmes qui leur permettent les meilleurs coups. S’ils ont la chance de localiser l’ennemi le soir ou pendant la nuit, ils s’en approchent le plus possible sans se faire repérer, et sans tousser ni parler attendent jusqu’à l’aube le signal, puis se ruent alors tous en même temps sur les ennemis qui se réveillent en sursaut, et dont la plupart n’ont pas le temps de saisir leurs armes. Tous alors ne songent qu’à sauver leur vie et abandonnent leurs biens, des captifs et quelques morts aux mains des vainqueurs, qui aussitôt les scalpent et se mettent à danser sur le champ de bataille même, jusqu’à ce que, fatigués, ils songent à s’en retourner, triomphaux.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Paragraphes 163-165 du &lt;em&gt;Rudo ensayo : descripción geográfica, natural y curiosa de la provincia de Sonora&lt;/em&gt;, de Juan Nentuig, S.I. (1764), traduits de l’espagnol par Philippe Billé d’après l’édition de México : SEP-INAH, 1977.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Thu, 20 Mar 2008 07:54:00 GMT</pubDate></item><item><title>Lettre documentaire 423</title><dc:creator>Ph B</dc:creator><link>http://archidoc.canalblog.com/archives/2008/03/19/8378601.html</link><category>hispano</category><category>mexique</category><category>sauvages</category><category>XVIIIe</category><comments>http://archidoc.canalblog.com/archives/2008/03/19/8378601.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://archidoc.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/8378601/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://archidoc.canalblog.com/archives/2008/03/19/8378601.html</guid><description>&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Trois FRAGMENTS de NENTUIG sur les INDIENS du SONORA&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;----------&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;144&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Bien que leur entendement, comme il a été dit, soit en friche, l’œuvre incessante de l’enseignement peu à peu leur extirpe la mauvaise herbe, et ils se rassemblent même en des républiques aussi politiques qu’il est permis à de telles âmes, et en outre chrétiennes. Nous observons ce résultat grâce à Dieu chez les nations Opata et Eudebe, car étant les plus appliquées à la culture de la terre et à l’élevage de quelque bétail, ces gens sont aussi les plus fidèlement attachées à leurs villages, et par conséquent les mieux instruites des mystères de notre sainte foi. Il est vrai qu’il faut une considérable ténacité pour leur faire renoncer, en ce qui concerne les articles et les mystères de la foi, à certaine répartie que doit probablement leur avoir inspirée l’ennemi du genre humain, car quoi qu’on leur dise, et n’importe qui le leur dise, si c’est quelque chose qu’ils n’ont vue de leurs yeux, ils répondent &lt;em&gt;seporema denithui&lt;/em&gt; : &lt;em&gt;tu dis peut-être vrai&lt;/em&gt;. Et tant que le missionnaire n’est pas arrivé à faire renoncer ses néophytes à cette phrase, il ne peut obtenir la confiance nécessaire à l’infaillible autorité de Dieu et de son église.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;152&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Autrefois, pour savoir d’où viendraient leurs ennemis, ils attrapaient certaine espèce de sauterelle, nommée &lt;em&gt;hupithui&lt;/em&gt;, et la saisissant par la tête, ils lui posaient la question. Et comme il est naturel que la bestiole dans cette situation étende et agite ses pattes, ils tenaient pour réponse certaine et crédible que les Apaches arriveraient depuis la direction qu’indiquait ladite sauterelle avec la première patte qu’elle étirait. Et c’est là, d’après ce que j’ai entendu dire, un augure encore très observé chez les Apaches.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;160&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Aux nouveaux-nés des deux sexes, ils font une bien douloureuse circoncision en les piquant, avec certaines épines, juste au-dessus des paupières, perçant ainsi une ligne courbe de points, qui fait le tour de l’œil jusque par en dessous, et quand ce dessin est tracé, ils enduisent les plaies d’une teinte noire, faite de je ne sais quoi, mais à mon avis il doit s’agir de charbon pulvérisé. Les Pimas tiennent ces teintures pour de précieux embellissements et ne veulent point y renoncer, malgré toutes les tentatives des missionnaires d’éradiquer chez leurs enfants spirituels une coutume aussi barbare. Et ils n’en restent pas là, car à mesure qu’ils grandissent, garçons et filles doivent encore souffrir d’autres tatouages en divers endroits de leurs misérables corps, et j’ai vu une vieille femme, dans le haut pays Pima, dont le corps était couvert, de la taille à la gorge, d’un labyrinthe de dessins semblables, formant comme une infinité de chapelets.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;----------&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Paragraphes 144, 152 &amp;amp; 160 du &lt;em&gt;Rudo ensayo : descripción geográfica, natural y curiosa de la provincia de Sonora&lt;/em&gt;, de Juan Nentuig, S.I. (1764), traduits de l’espagnol par Philippe Billé d’après l’édition de México : SEP-INAH, 1977.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Wed, 19 Mar 2008 08:14:00 GMT</pubDate></item><item><title>Lettre documentaire 422</title><dc:creator>Ph B</dc:creator><link>http://archidoc.canalblog.com/archives/2008/03/18/8366095.html</link><category>espagne</category><category>hispano</category><category>pérou</category><comments>http://archidoc.canalblog.com/archives/2008/03/18/8366095.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://archidoc.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/8366095/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://archidoc.canalblog.com/archives/2008/03/18/8366095.html</guid><description>&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Arial;&quot;&gt;TERRIFIANT ET GENIAL &lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;Arial&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;Arial&quot;&gt;par Mario Vargas Llosa&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Arial;&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Arial;&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;Arial&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Arial;&quot;&gt;L’historien Benito Bermejo, résidant à Vienne, doit être particulièrement pointilleux, un de ces esprits rectilignes et implacables dans la recherche de la vérité. Seul quelqu’un de ce genre peut avoir eu l’idée d’aller vérifier si figurait, dans les archives des camps d’extermination nazis de Mauthausen et de Flossenbürg, le nom d’Enric Marco, le plus médiatique de la poignée d’Espagnols qui ont survécu à l’horreur brune, quand sept mille de leurs compatriotes ont péri dans les camps hitlériens. &lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;font style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Arial;&quot;&gt;Enric Marco, né en 1921, connu comme « le déporté numéro 6448 », était le président de l’Amicale de Mauthausen, comptant 650 membres en Espagne, poste auquel il avait été réélu le 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; mai, et il venait d’arriver en Autriche, où il devait se rendre à Mauthausen pour participer aux cérémonies commémoratives des 60 ans de la chute du nazisme, auxquelles allait assister le chef du gouvernement espagnol Rodríguez Zapatero, quand l’historien conclut son enquête et publia son rapport. Marco avait préparé un discours qu’il comptait lire à cette occasion. Déconcertée, stupéfiée par les conclusions de Bermejo, l’Amicale des déportés espagnols pria son président de rentrer en Espagne en attendant que la lumière soit faite. Le discours fut lu à Mauthausen par un autre déporté, Eusebi Pérez. &lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;font style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Arial;&quot;&gt;A Barcelone, sommé par les membres de l’Amicale de Mauthausen de présenter des preuves qui démentent Bermejo, Enric Marco avoua que celui-ci avait découvert la vérité : il était un imposteur, il n’était jamais allé dans aucun camp de concentration nazi, il trompait tout le monde à ce sujet depuis 30 ans. Et de quelle façon ! &lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;font style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Arial;&quot;&gt;En 1978, il avait publié son autobiographie, &lt;em&gt;Mémoires de l’enfer&lt;/em&gt;, dans laquelle il racontait sur un ton dramatique les infinies cruautés, humiliations et vexations de toute sorte, infligées aux déportés avant d’être exterminés par leurs bourreaux nazis dans les camps de concentration. En tant que membre de l’Association des Parents d’Elèves de Catalogne, dont il fut le vice-président pendant 20 ans, l’infatigable Enric Marco donnait chaque année quelque 120 causeries et conférences dans les collèges, informant les jeunes des crimes du totalitarisme nazi. Ses efforts furent reconnus&lt;font&gt;&amp;nbsp;&lt;/font&gt;et abondamment récompensés par les institutions démocratiques. La Generalitat de Catalogne, par exemple, lui décerna en 2001 la Croix de Sant Jordi, pour toute sa vie consacrée à la lutte anti-franquiste et syndicale. Le 28 janvier dernier, Enric Marco fut reçu par le Congrès National d’Espagne, où son témoignage déchirant fit une forte impression à tous les parlementaires, avec des évocations comme celle-ci : « Lorsque nous arrivions dans les camps de concentration, avec ces trains infects, des wagons à bestiaux, on nous déshabillait, les chiens nous mordaient, les projecteurs nous aveuglaient. Nous étions des gens simples, comme vous. On nous criait en allemand &lt;em&gt;links&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;recht&lt;/em&gt; – gauche, droite. Nous ne comprenions pas, et ne pas comprendre un ordre pouvait coûter la vie. » Les caméras de télévision montrèrent que les propos du survivant de l’enfer faisaient venir les larmes aux yeux de certains députés espagnols, comme Carme Chacón, la jeune vice-présidente de la Chambre basse. &lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;font style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Arial;&quot;&gt;Comment a-t-il pu tromper autant de gens pendant aussi longtemps ? Comment a-t-il pu parvenir à l’âge de 84 ans sans que sa propre épouse, ni ses filles, ne soupçonnent que toute sa biographie publique n’était qu’une imposture monumentale ? On est pris de vertige en songeant à l’effort de mémoire et aux inventions incessantes auxquelles il devait recourir chaque jour, pour ne pas se trahir ou éveiller les soupçons en se contredisant. Il lui a fallu se vider de lui-même et se réincarner dans le fantôme qu’il s’était fabriqué. Le plus extraordinaire est qu’il ait réussi à tromper ceux qui étaient les plus à même de le démasquer, les Espagnols et Espagnoles qui ont réellement vécu l’horreur concentrationnaire et qui n’ont survécu que par miracle. Il les a si bien trompés qu’ils ont fait de lui leur porte-parole et leur leader pendant de nombreuses années. Pour réussir une farce de cette ampleur, il ne suffit pas de manquer de scrupules ; il faut être un génie, un éminent fabulateur, un histrion exceptionnel. &lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;font style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Arial;&quot;&gt;Depuis que la nouvelle est tombée, voilà quelques jours, je lis dans les journaux, j’écoute sur les radios et je regarde à la télévision tout ce qui concerne Enric Marco, avec la fascination qu’ont exercée sur moi les meilleurs romans. Les explications qu’il donne sur sa façon d’agir ont une indiscutable saveur borgésienne, et lui-même semble être un transfuge de l’&lt;em&gt;Histoire universelle de l’infamie&lt;/em&gt;. Selon sa biographie truquée, il aurait fait partie, à la fin de la guerre civile, des républicains espagnols contraints à l’exil en France où, comme beaucoup de ses compatriotes, il serait entré dans la Résistance pour lutter contre les nazis au début de la Seconde Guerre mondiale. Il serait alors tombé aux mains de la Gestapo, qui, après l’avoir torturé, l’aurait envoyé dans les camps de Flossenbürg et de Mauthausen, d’où il aurait été libéré par les troupes alliées en 1945. A cette date, il serait rentré clandestinement en Espagne, envoyé par la CNT (Confédération nationale du travail, anarchiste) pour lutter contre la dictature franquiste. En 1978, le fabulateur est parvenu, même si cela paraît incroyable, à être élu secrétaire général de cette centrale syndicale. &lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;font style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Arial;&quot;&gt;On ne connaîtra probablement jamais sa véritable histoire, mais Enric Marco reconnaît maintenant qu’il est parti d’Espagne en 1942 comme volontaire pour aller travailler dans les usines de l’Allemagne nazie. Et que là, pour avoir violé la censure, il fut arrêté par la Gestapo, qui ne l’a pas envoyé dans les camps mais l’a retenu et torturé dans ses cachots, d’où il est ressorti en 1943. Pourquoi s’est-il forgé cette fausse identité de déporté ? « Pour une bonne cause » : pour être plus convaincant et plus efficace dans ses campagnes contre le totalitarisme, pour que ses efforts pour faire prendre conscience des crimes du nazisme, des souffrances et du courage des déportés, soient plus persuasifs et laissent une trace plus durable dans la mémoire des gens. Tout en reconnaissant qu’il a menti, il ne se repent pas. « Tout ce que je raconte, je l’ai vécu, mais ailleurs : j’ai seulement changé le lieu, pour mieux faire connaître la douleur des victimes. » « Nul n’a le droit de dire que la douleur dans une prison de la Gestapo n’est pas équivalente à la douleur dans un camp de concentration. » « J’ai changé le cadre, mais moi aussi je suis un survivant. Qui oserait dire que je ne suis pas des siens, simplement parce que je n’ai pas été dans un camp de concentration ? » &lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;font style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Arial;&quot;&gt;Les déportés authentiques ne semblent pas du tout convaincus par ces explications et, naturellement, ils évoquent avec amertume et tristesse l’abus dont ils ont été victimes. La Generalitat s’est empressée de reprendre à Enric Marco la Croix de Sant Jordi, et plusieurs associations menacent de le citer devant les tribunaux pour la longue imposture dont il est coupable. Cela ne serait que justice, éthiquement et civiquement. &lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;font style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Arial;&quot;&gt;Cependant, malgré ma répulsion morale et politique envers le personnage, j’avoue mon admiration de romancier pour sa prodigieuse habileté fabulatrice et son pouvoir de persuasion, à la hauteur des plus grands visionnaires de l’histoire de la littérature. Ils ont inventé et rédigé l’histoire du Quichotte, de Moby Dick, des frères Karamazov. Enric Marco a vécu et a fait vivre à des centaines de milliers de personnes la terrible fiction qu’il a inventée. Elle se serait intégrée à la vie, elle serait passée du mensonge à la vérité, elle serait passée dans l’Histoire avec une majuscule, si l’historien Benito Bermejo, ce rabat-joie, ce maniaque de l’exactitude, insensible aux beaux mensonges qui rendent la vie supportable, n’avait pas entrepris de fouiller les archives du IIIe Reich à la recherche de précisions et de faits objectifs, pour finalement mettre un terme au spectacle que l’illusionniste Enric Marco représentait depuis 30 ans sur la scène de la vie même, avec un formidable succès. &lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;font style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Arial;&quot;&gt;Tout ceci amène à réfléchir sur la fragile frontière qui sépare la fiction de la réalité, sur les emprunts et les échanges qui ont eu lieu de tous temps entre la littérature et l’histoire. Enric Marco a les pieds fermement posés dans les deux domaines et il sera très difficile de déterminer ce qui, dans sa biographie, relève de l’un ou de l’autre. Comme dans les meilleurs romans, il s’est arrangé pour les fondre inextricablement dans son existence. Lui-même est une fiction, mais de chair et d’os, et non de papier. &lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;font style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Arial;&quot;&gt;Lors de ma première ou de ma deuxième année d’université, j’ai dû préparer un travail sur l’Amazonie, pour lequel j’ai consulté, parmi d’autres, un livre de géographie dû à un prêtre, le père Villarejo (1), qui avait sillonné cette région en tous sens, séjourné dans les tribus d’Indiens et même, je crois, appris quelques dialectes. Je n’ai pas oublié ce livre, car on y accordait une parfaite réalité scientifique à des animaux et à des plantes imaginaires, qui n’existaient que dans les légendes et les mythes du folklore amazonien. Je suis certain que le père Villarejo, à la différence d’Enric Marco, ne voulait abuser personne, et que sa vocation scientifique le rendait méfiant vis-à-vis de la fiction. Simplement, il a pris pour des données objectives les indications recueillies au&lt;font&gt;&amp;nbsp;&lt;/font&gt;cours de ses voyages, auprès de femmes et d’hommes pour lesquels n’existaient pas encore ces barrières rationnelles strictes entre l’objectif et le subjectif, la veille et le sommeil, la vérité et le mensonge, la magie et la science, inexistantes dans le monde primitif. De sorte que son manuel de géographie, sans qu’il le veuille ou le sache, a ouvert une porte sur l’invention et la fantasmagorie, et aujourd’hui, même si les scientifiques le rejettent, il continue d’appartenir à la littérature, plus précisément au réalisme magique. &lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;font style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Arial;&quot;&gt;Monsieur Enric Marco, contrebandier d’irréalités, bienvenue dans le monde mensonger des romanciers. &lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Arial;&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Arial;&quot;&gt;(1) Probablement le père Avencio Villarejo, 1910-2000 (Note du traducteur). &lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Arial;&quot;&gt;«&lt;em&gt;Espantoso y genial&lt;/em&gt;», article de Mario Vargas Llosa paru dans le quotidien espagnol &lt;em&gt;El País&lt;/em&gt; le 15 mai 2005, ici traduit en français par Philippe Billé.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Tue, 18 Mar 2008 07:49:00 GMT</pubDate></item><item><title>Lettre documentaire 421</title><dc:creator>Ph B</dc:creator><link>http://archidoc.canalblog.com/archives/2008/03/13/8304696.html</link><category>courrier</category><category>cuba</category><category>hispano</category><category>usa</category><comments>http://archidoc.canalblog.com/archives/2008/03/13/8304696.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://archidoc.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/8304696/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://archidoc.canalblog.com/archives/2008/03/13/8304696.html</guid><description>&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Garamond&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;Lettre ouverte de Paquito D’Rivera à Carlos Santana&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Garamond&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Garamond&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;Le 25 mars 2005 &lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Garamond&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Garamond&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;Salut, Santana. &lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Garamond&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Garamond&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;J’ai appris par notre ami Raúl Artiles, que tu vas bientôt te produire à Miami. Je ne pense pas que ce soit une très bonne idée, vu que récemment tu as fait le faux-pas d’apparaître à la cérémonie des Oscars en arborant fièrement un énorme crucifix, sur un tee-shirt portant la vieille image stéréotypée du «Boucher de la Cabaña», comme est surnommé le lamentable personnage de Che Guevara par les Cubains qui ont dû endurer ses tortures et ses humiliations dans cette infâme prison. &lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;font face=&quot;Garamond&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;L’un de ces Cubains était mon cousin Bebo, emprisonné là simplement parce qu’il était chrétien. Il me raconte à l’occasion, toujours avec une immense amertume, comment il pouvait entendre, depuis sa cellule, aux premières heures de l’aube, les exécutions sans procès, de tous ceux qui mouraient en criant «Vive le Christ Roi !» &lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;font face=&quot;Garamond&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;Le guerrillero avec le béret à l’étoile est tout autre que ce que montre ce ridicule film de moto, mon cher collègue, et juxtaposer le Christ et Che Guevara, c’est comme entrer dans une synagogue avec une swastika autour du cou. C’est aussi une belle gifle à la figure de la jeunesse cubaine des années 60 qui devait se cacher pour pouvoir écouter TES disques, que la Révolution, l’Argentin primaire et ses sbires qualifiaient de «musique impérialiste» (c’est-à-dire le rock &amp;amp; roll). &lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;font face=&quot;Garamond&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;Je ne trouve pas les mots pour exprimer mon indignation vis-à-vis de ton attitude irresponsable, mais veuille croire que malgré tout, en tant qu’artiste, je te souhaite toujours bonne chance. Et tu vas en avoir besoin, Carlos. Surtout à Miami. &lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Garamond&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Garamond&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;Sincèrement à toi, Paquito D’Rivera, New York. &lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Garamond&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Garamond&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;«&lt;em&gt;Open letter to &lt;a href=&quot;http://images.google.fr/images?hl=fr&amp;amp;q=carlos+santana+&amp;amp;um=1&amp;amp;ie=UTF-8&amp;amp;sa=N&amp;amp;tab=wi&quot;&gt;Carlos Santana&lt;/a&gt; by &lt;a href=&quot;http://images.google.fr/images?hl=fr&amp;amp;q=paquito+d%27rivera+&amp;amp;um=1&amp;amp;ie=UTF-8&amp;amp;sa=N&amp;amp;tab=wi&quot;&gt;Paquito D’Rivera&lt;/a&gt;&lt;/em&gt;», parue en mai 2005 dans la revue &lt;em&gt;Latin Beat Magazine&lt;/em&gt;, ici traduite de l’anglais par Philippe Billé. &lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Thu, 13 Mar 2008 08:03:00 GMT</pubDate></item><item><title>Lettre documentaire 420</title><dc:creator>Ph B</dc:creator><link>http://archidoc.canalblog.com/archives/2008/03/11/8278613.html</link><category>billé</category><comments>http://archidoc.canalblog.com/archives/2008/03/11/8278613.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://archidoc.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/8278613/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://archidoc.canalblog.com/archives/2008/03/11/8278613.html</guid><description>&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Arial;&quot;&gt;REAJUSTEMENTS&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Arial;&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Arial;&quot;&gt;J’ai commencé de publier des &lt;em&gt;Lettres documentaires&lt;/em&gt; en 1989. La première série a duré jusqu’en 1992 et a compté 51 numéros. C’était un bulletin fait d’une photocopie A4 recto-verso pliée en deux, formant ainsi un léger in-folio de quatre pages A5. J’y publiais de brefs essais et études, rédigés par moi-même ou par d’autres, ainsi que des entretiens, des traductions, des listes, etc. En quoi ces &lt;em&gt;Lettres&lt;/em&gt; étaient-elles &lt;em&gt;documentaires&lt;/em&gt;, je ne m’en suis jamais expliqué, ni n’ai d’ailleurs été prié de le faire et ce point est resté indécis, y compris pour moi-même. Disons qu’il s’agissait d’une gazette artistique et littéraire dans laquelle l’information sur les œuvres et les auteurs primait sur l’exposition des œuvres elles-mêmes, que les textes non fictifs y primaient sur la fiction, et qu’à l’occasion, on s’y intéressait à l’esthétique des réalités non artistiques. &lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Arial;&quot;&gt;L’année 1992, j’ai clos cette première série pour en entreprendre une deuxième, à la forme encore plus minimale, chaque numéro étant fait d’une simple photocopie recto. A ce degré de simplicité, le bulletin était comme une revue émiettée, dont les pages paraissaient en feuilles détachées. J’y reprenais la numérotation à partir d’un numéro I, en chiffres romains au début pour éviter la confusion avec les &lt;em&gt;Lettres&lt;/em&gt; de la première série. Je les ai publiées plus ou moins régulièrement, au rythme moyen d’environ trois par mois, atteignant ainsi le numéro 350 au printemps 2001. A partir de janvier 1995 s’était ouverte, parmi ces &lt;em&gt;Lettres documentaires&lt;/em&gt;, une sous-série intitulée «Journal». C’était une chronique personnelle, un fourre-tout de notes brèves, parfois autobiographiques, plus souvent exprimant mes goûts, impressions et opinions. Ce «Journal» a paru assez régulièrement, occupant une &lt;em&gt;Lettre&lt;/em&gt; par mois et ouvrant ainsi un domaine personnel assez important, parmi les autres &lt;em&gt;Lettres&lt;/em&gt; relativement impersonnelles, si bien que j’en suis venu à regretter de pas en avoir fait une publication à part. &lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Arial;&quot;&gt;Au printemps 2001, ce «Journal» m’intéressant alors décidément plus que le reste, j’ai abandonné mes &lt;em&gt;Lettres&lt;/em&gt; &lt;em&gt;documentaires&lt;/em&gt; pour ne plus me consacrer qu’à lui. J’ai donc fait paraître, au début de l’année suivante, sous forme d’une livrette, mon &lt;em&gt;Journal documentaire&lt;/em&gt; de l’an 2001. En réalité j’entrais dans une période d’indécision éditoriale, pendant laquelle les deux lignes «personnelle» et «impersonnelle» de mes productions allaient s’orienter dans différentes directions successives. &lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Arial;&quot;&gt;Au printemps 2002, le spectre d’une &lt;em&gt;Lettre documentaire&lt;/em&gt; s’étant tout à coup dressé devant moi, j’en publiai une 351&lt;sup&gt;ème&lt;/sup&gt;, sur Sarmiento. &lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Arial;&quot;&gt;En juin 2003, janvier 2004 et février 2005, j’ai publié sans grand succès trois numéros d’une revue &lt;em&gt;Etudes&lt;/em&gt;, dont le contenu était semblable à celui de mes &lt;em&gt;Lettres documentaires&lt;/em&gt; d’antan, avec aussi une section de notes personnelles. &lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Arial;&quot;&gt;En mai 2004, j’ai commencé de publier sur le net le blog &lt;em&gt;Journal documentaire&lt;/em&gt;, contenant «des notes de lecture, et des notes du reste», plus tard intitulé &lt;em&gt;Le nouvel obscurantiste&lt;/em&gt;. &lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Arial;&quot;&gt;En novembre 2005, contre toute attente, a paru soudain une &lt;em&gt;Lettre documentaire&lt;/em&gt; n° 352, sur Baroja. &lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Arial;&quot;&gt;Depuis l’automne 2006, je produis un deuxième blog, intitulé &lt;em&gt;Archives documentaires&lt;/em&gt;. J’avais déjà utilisé de temps en temps, autrefois, cette dénomination «Archives documentaires», comme nom fictif d’éditeur pour mes publications. La formule m’amuse par son allure sérieuse, et parce que c’est un pléonasme, des archives étant par définition documentaires. J’y publie des «inédits, traductions et raretés», les traductions prédominant. Dernièrement j’ai réalisé que le contenu de ces &lt;em&gt;Archives&lt;/em&gt; est si semblable à celui des &lt;em&gt;Lettres documentaires&lt;/em&gt;, qu’il n’y a pas de raison de les appeler autrement. J’ai donc rebaptisé a posteriori &lt;em&gt;Lettre documentaire&lt;/em&gt; chacune des livraisons de ce blog, ainsi que seront nommées les livraisons à venir, tout en conservant l’appellation d’&lt;em&gt;Archives documentaires&lt;/em&gt; comme titre d’ensemble. A la différence des bulletins en papier que j’ai publiés avant, ces nouvelles &lt;em&gt;Lettres documentaires&lt;/em&gt; ont une existence principalement informatique et leur dimension n’est pas calibrée. Chaque &lt;em&gt;Lettre&lt;/em&gt; reste idéalement une « page », même si sa forme imprimée peut s’étendre sur plusieurs. Au lieu de faire repartir le compte à zéro, la numérotation poursuit celle des Lettres de papier, reprenant donc à 353. &lt;/font&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Tue, 11 Mar 2008 07:59:00 GMT</pubDate></item><item><title>Lettre documentaire 419</title><dc:creator>Ph B</dc:creator><link>http://archidoc.canalblog.com/archives/2008/02/25/8086005.html</link><category>cuba</category><category>hispano</category><comments>http://archidoc.canalblog.com/archives/2008/02/25/8086005.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://archidoc.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/8086005/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://archidoc.canalblog.com/archives/2008/02/25/8086005.html</guid><description>&lt;p&gt;UN CAUCHEMAR AVEC DES PERSONNAGES CUBAINS&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;par Guillermo Cabrera Infante&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans mon rêve il n’y a que trois personnages : deux connus et un inconnu, mais pas inconnu de moi. Il s’agit de José Hernández, plus connu sous le nom de Pepe le Fou. L’un des personnages est Alejo Carpentier, l’autre Lezama Lima. Pepe le Fou voulait être écrivain, mais il voulait surtout se suicider. Il n’a pas réussi la première chose mais il a réussi l’autre, il est mort écrasé par un bus devant lequel il s’est jeté un beau matin à l’aube.&lt;br /&gt;Le premier à apparaître fut Alejo Carpentier, qui arriva, s’assit et ne dit rien. Depuis l’intérieur de l’appartement (dont le fond était disposé comme mon ancien studio, sur lequel s’ouvraient maintenant des fenêtres à la française) je vis venir Lezama Lima, qui sans me saluer me dit : « Ton studio est parfait pour jouer au billard ». Sans doute se référait-il au fait que mon bureau était recouvert d’une nappe de feutre lie-de-vin, car il ne ressemblait en rien d’autre à une table de billard. Je ne répondis rien à Lezama, qui alla s’asseoir à côté de Carpentier sans le saluer. Lezama ne semblait occupé qu’à maintenir son énorme cigare allumé. Il n’y avait aucune conversation entre nous. Soudain la pièce se transforma en une terrasse, avec un vieux balcon qui me rappelait celui du 408 rue Zulueta. Nul ne semblait s’étonner de la transformation. Au bout d’un moment, une voiture décapotable s’approcha de la terrasse, je pouvais bien voir le chauffeur. Il avait les cheveux presque ras , mais d’un blond éblouissant. Je n’eus pas le temps de m’en étonner car je reconnus le chauffeur : c’était Pepe le Fou, qui souriait de façon atroce. Il semblait connaître un secret que j’ignorais. Quand il brandit un énorme pistolet, le rêve tourna au mélodrame violent, comme il arrive souvent. « C’est Pepe le Fou », dis-je, mais ce changement n’étonnait personne et le pistolet grandissait. Il me semblait que j’étais le seul à le voir et je comprenais maintenant ce que faisait Pepe le Fou : il avait été envoyé pour tuer Lezama, à qui je conseillai de prendre garde à la fenêtre par où apparaissait le pistolet. Mais Lezama continuait de fumer imperturbablement son énorme cigare. Ce fut alors que Pepe le Fou se désintéressa de sa voiture pour examiner les résultats de ses coups de feu... qui n’avaient pas blessé Lezama, mais qui avaient tué Carpentier, lequel tombait de sa chaise sans même se plaindre : il était mort muré dans son silence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette nouvelle («&lt;em&gt;Una pesadilla con personajes cubanos&lt;/em&gt;») de &lt;a href=&quot;http://images.google.fr/images?q=guillermo+cabrera+infante&amp;amp;ie=UTF-8&amp;amp;oe=utf-8&amp;amp;client=firefox-a&amp;amp;rls=org.mozilla:fr:official&amp;amp;um=1&amp;amp;sa=N&amp;amp;tab=wi&quot;&gt;Guillermo Cabrera Infante&lt;/a&gt; (Cuba, 1929 – Londres, 2005) a paru posthumément dans le quotidien espagnol &lt;em&gt;El País&lt;/em&gt; du 28 mai 2005. Elle était destinée à faire partie du recueil collectif &lt;em&gt;El libro de los sueños&lt;/em&gt; (Le livre des rêves), publié par Esther Tusquets aux éditions RqueR. Le 408 rue Zulueta fut l’adresse de l’auteur à La Havane avant son exil. Les deux personnages célèbres du rêve, Alejo Carpentier (1904-1980) et José Lezama Lima (1910-1976) étaient des écrivains cubains. Traduction française par Philippe Billé.&lt;/p&gt;</description><pubDate>Mon, 25 Feb 2008 10:21:00 GMT</pubDate></item><item><title>Lettre documentaire 418</title><dc:creator>Ph B</dc:creator><link>http://archidoc.canalblog.com/archives/2008/02/06/7850467.html</link><category>ohl</category><category>courrier</category><category>ohl</category><category>poésie</category><comments>http://archidoc.canalblog.com/archives/2008/02/06/7850467.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://archidoc.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/7850467/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://archidoc.canalblog.com/archives/2008/02/06/7850467.html</guid><description>&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;georgia, times new roman, times, serif&quot;&gt;EVOCATION D’AUGUSTE BRIZEUX&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;georgia, times new roman, times, serif&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;georgia, times new roman, times, serif&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;georgia, times new roman, times, serif&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;georgia, times new roman, times, serif&quot;&gt;Notre correspondant Michel Ohl nous a remis dernièrement une plaquette nouvelle, &lt;em&gt;Débâcle de l’A paraître de trop&lt;/em&gt;, qu’il vient de faire paraître, laquelle porte en exergue ces quelques vers d’un certain Brizeux :&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;georgia, times new roman, times, serif&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;georgia, times new roman, times, serif&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;georgia, times new roman, times, serif&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;georgia, times new roman, times, serif&quot;&gt;« Oh ! ne quittez jamais, c’est moi qui vous le dis,&lt;br /&gt;Le devant de la porte où l’on jouait jadis,&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;georgia, times new roman, times, serif&quot;&gt;L’église où, tout enfant, et d’une voix légère,&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;georgia, times new roman, times, serif&quot;&gt;Vous chantiez à la messe auprès de votre mère ;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;georgia, times new roman, times, serif&quot;&gt;Et la petite école où, traînant chaque pas,&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;georgia, times new roman, times, serif&quot;&gt;Vous alliez le matin, oh ! ne la quittez pas ! »&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;georgia, times new roman, times, serif&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;georgia, times new roman, times, serif&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;georgia, times new roman, times, serif&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;georgia, times new roman, times, serif&quot;&gt;Interrogé sur l’identité du poète, le Maître de Mimizan a bien voulu nous apporter ces quelques éclaircissements :&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;georgia, times new roman, times, serif&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;georgia, times new roman, times, serif&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;georgia, times new roman, times, serif&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;georgia, times new roman, times, serif&quot;&gt;... Mais, mon cher, sur le « doux Brizeux (buveur de cidre) » (Verlaine) – je remplirais deux cahiers Clairefontaine... Clé : « Pas d’omelette poétique sans Brizeux » - repris dans &lt;em&gt;Pauvre cerveau qu’il faut bercer&lt;/em&gt; (page 24), car le doux Auguste m’a suivi, si j’ose dire, toute la vie, depuis le lycée Victor-Duruy, où j’ai déniché &lt;em&gt;Marie&lt;/em&gt; d’occasion (Gainsbourg appelait Catherine Deneuve : Catherine d’Occase). Etant à 16 ans révolté, il me fallait me révolter contre ma révolte, et puis, chez les adorateurs de saint Céline, et saint Artaud, et saint Dosto, dont j’étais, aimer Brizeux me semblait très chic, le signe d’un esprit raffiné (c’était un petit cinéma pour 2, 3 amis, n’est-ce pas, et encore ne suis-je pas sûr aujourd’hui de ne pas avoir été seul), je me suis donc évertué à aimer Julien-Auguste-Pélage (1803, Lorient – 1858, Montpellier), Dieu du ciel à mon âge il n’était plus, déjà, depuis 5 ans – et je l’ai aimé, et naturellement je me suis aussi moqué de lui, et de ce côté mièvre en moi qui trouvait des échos en lui... J’ai lu ses autres œuvres, ensuite, à la BM, &lt;em&gt;Les Bretons&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;Histoires poétiques&lt;/em&gt; ... une biographie, œuvre d’un curé, les éloges de Sainte-Beuve, de Vigny, son grand ami, les éreintements de tant d’autres (« pauvre petit filet de pensées et d’images bretonnes, sincère mais monotone jusqu’à l’ennui ... concision asthmatique ... poésie chétive... », Amiel, &lt;em&gt;Journal&lt;/em&gt;, mardi 14 août 1855), les Romantiques qui le trouvaient ringard ! ah ! ça n’était pas un frénétique, le Brizeux (voix à la Raimu : « &lt;em&gt;Tu nous les briseû&lt;/em&gt; ! ») voilà pourquoi sans doute je l’ai choisi, avec ces foldingos de Forneret et Roussel, comme poètes préférés du &lt;em&gt;Questionnaire de Proust&lt;/em&gt;, (il est itou dans l’Index de &lt;em&gt;Pataphysical Baby&lt;/em&gt;). Au lycée Montaigne j’ai eu le temps, avant d’être viré, de concourir pour les bourses Zellidja, avec &lt;em&gt;Le parcours de Brizeux en Bretagne&lt;/em&gt;, petit essai très documenté, avec cartes, j’ai bazardé cette chose, les pages miennes que ma mère préférait, les seules qu’elle aimait, pour tout dire, et d’ailleurs Maman avait alerté des amies, certaines devenues religieuses, et j’allais être accueilli en Bretagne à bras ouverts à chaque étape de mon &lt;em&gt;Parcours&lt;/em&gt; (ou &lt;em&gt;Itinéraire&lt;/em&gt;) &lt;em&gt;Brizeux&lt;/em&gt; mais hélas ! ce si beau projet ne fut pas retenu par les hautes instances... Il a tout de même laissé des traces dans l’esprit du condisciple Jean-Marc Faubert (disparu voici un an) qui, dans plusieurs de ses papiers de &lt;em&gt;Sud Ouest&lt;/em&gt;, évoque Brizeux à mon sujet (« Fils de Jarry et de Brizeux » écrit-il le 23 mars 1988). Cucu, certes, l’épigraphe « Oh ! ne quittez jamais... », cucûment dit, mais c’est aussi mon idée, rester à la maison natale, ne pas s’éloigner du cimetière, ni de l’école communale, où j’ai appris à écrire la présente lettre, ni non plus de l’église, ni non plus du café originel (et l’on a reproché à Brizeux de préférer les veillées à l’auberge avec les paysans aux soirées parisiennes littéraires – il a recueilli auprès d’eux proverbes et chansons, &lt;em&gt;Avel, avelou, holl avel&lt;/em&gt; - &lt;em&gt;Vents, vents, tout n’est que vent&lt;/em&gt;... La plaisanterie est facile. « Ma rie Marie » (&lt;em&gt;Entre devins&lt;/em&gt;). Le cercueil de la couverture de la &lt;em&gt;Débâcle &lt;/em&gt;vient de Brizeux, aussi. &lt;em&gt;Télen Arvor&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;La Harpe &lt;/em&gt;&lt;em&gt;d’Armorique&lt;/em&gt;, bilingue mis en français par Auguste (qui traduisit aussi Dante). &lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;georgia, times new roman, times, serif&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;georgia, times new roman, times, serif&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;georgia, times new roman, times, serif&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;georgia, times new roman, times, serif&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;georgia, times new roman, times, serif&quot;&gt;Epouvante ! à travers les champs et la lande on vit&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;georgia, times new roman, times, serif&quot;&gt;Ces jeunes soldats porter leur bière ;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;georgia, times new roman, times, serif&quot;&gt;Ils menaient à leur tombe et devant eux le deuil,&lt;br /&gt;En chantant avec le prêtre la prière des morts.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;georgia, times new roman, times, serif&quot;&gt;(&lt;em&gt;Les conscrits de Plo-Meur&lt;/em&gt;) (révolte contre Napoléon « vrai loup de guerre »)&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;georgia, times new roman, times, serif&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;georgia, times new roman, times, serif&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;georgia, times new roman, times, serif&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;georgia, times new roman, times, serif&quot;&gt;J’ai failli ajouter au &lt;em&gt;Dernier des A paraître &lt;/em&gt;: &lt;em&gt;Brizeux, c’est beaucoup plus que Brizeux&lt;/em&gt;. &lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;georgia, times new roman, times, serif&quot;&gt;Je n’ai plus qu’un des quatre volumes de ses œuvres, mais je ne pense pas le relire ! C’est une histoire très cucul elle-même !&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;Georgia&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;Georgia&quot;&gt;==========&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;georgia, times new roman, times, serif&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;georgia, times new roman, times, serif&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;georgia, times new roman, times, serif&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;georgia, times new roman, times, serif&quot;&gt;(Post scriptum) ... Le poème utilisé en exergue s’appelle « Le Pays ». Brizeux l’a retravaillé. L’édition que j’ai reprend celle de 1840, apparemment, mais le préfacier cite deux vers d’une version antérieure :&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;georgia, times new roman, times, serif&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;georgia, times new roman, times, serif&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;georgia, times new roman, times, serif&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;georgia, times new roman, times, serif&quot;&gt;« Oh, ne quittez jamais le seuil de votre porte !&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;georgia, times new roman, times, serif&quot;&gt;Mourez dans la maison où votre mère est morte ! »&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;georgia, times new roman, times, serif&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;georgia, times new roman, times, serif&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;georgia, times new roman, times, serif&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;georgia, times new roman, times, serif&quot;&gt;C’est probablement cette version que j’ai lue à 16 ans, et qui m’a marqué au point que je l’ai parodiée :&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;georgia, times new roman, times, serif&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;georgia, times new roman, times, serif&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;georgia, times new roman, times, serif&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;georgia, times new roman, times, serif&quot;&gt;«Oh ! ne quittez jamais le deuil de votre Porte !&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;georgia, times new roman, times, serif&quot;&gt;Faites-vous un manteau, peint en noir, de Son bois,&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;georgia, times new roman, times, serif&quot;&gt;Glissez-vous-y tout nu et restez dans le froid,&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;georgia, times new roman, times, serif&quot;&gt;Ou dans le chaud, debout sur le seuil de la Morte, &lt;br /&gt;Attendant que le diable, ou la mort, vous emporte. »&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;georgia, times new roman, times, serif&quot;&gt;(&lt;em&gt;Entre devins&lt;/em&gt;, p. 106)&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;georgia, times new roman, times, serif&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;georgia, times new roman, times, serif&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;georgia, times new roman, times, serif&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;georgia, times new roman, times, serif&quot;&gt;La parodie, attribuée à Brizeux soi-même, personnage de l’histoire, qui l’aurait écrite dans « Ma rie Marie », me paraît symptomatique, si je puis dire, de mon rapport à Brizeux –rester où l’on naît, y attendre la mort, en se berçant d’histoires touchantes / pathétiques...&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;georgia, times new roman, times, serif&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;georgia, times new roman, times, serif&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;georgia, times new roman, times, serif&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;georgia, times new roman, times, serif&quot;&gt;[Source : lettres à l’éditeur, du 19 janvier et du 4 février 2008.]&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Wed, 06 Feb 2008 11:56:00 GMT</pubDate></item><item><title>Lettre documentaire 417</title><dc:creator>Ph B</dc:creator><link>http://archidoc.canalblog.com/archives/2008/01/25/7697616.html</link><category>meireles</category><category>brésil</category><category>meireles</category><category>poésie</category><comments>http://archidoc.canalblog.com/archives/2008/01/25/7697616.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://archidoc.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/7697616/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://archidoc.canalblog.com/archives/2008/01/25/7697616.html</guid><description>&lt;p&gt;DOUZE NOCTURNES DE HOLLANDE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;par Cecília Meireles&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp; UN&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peu à peu la rumeur du monde s’affaiblit.&lt;br /&gt;Les visages, les voix, altérés, se dispersent.&lt;br /&gt;Le temps versatile s’échappe en des recoins&lt;br /&gt;de vitre, de velours, d’accolade estompée.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lune vient avec d’autres invitations :&lt;br /&gt;elle déplie sous mes yeux la carte du ciel,&lt;br /&gt;elle fait relâcher les poings serrés du jour,&lt;br /&gt;et trace des chemins, transparente et abstraite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O arbres de la nuit... Méditation aimante...&lt;br /&gt;- Cette ombre me transporte tout au fond des airs,&lt;br /&gt;vers les champs bienheureux où s’effacent déjà&lt;br /&gt;les contours lumineux de chaque créature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C’est la nuit sans attaches... Innocence éternelle,&lt;br /&gt;exempte de décès, exempte de naissances,&lt;br /&gt;si pure et solitaire, étrangère, oubliée,&lt;br /&gt;muettement ouverte à d’extrêmes voyages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne vois plus qui je suis, dans la haute nuit,&lt;br /&gt;ni même ne crois ETRE : je subsiste en mémoire,&lt;br /&gt;à la merci des vents, des brumes apparues&lt;br /&gt;sur les lacs endormis que la lune évapore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je recueille ton nom lui aussi partagé,&lt;br /&gt;fracassé sur les digues, réparti sur les fleurs...&lt;br /&gt;Mais qui connaît ton nom - aussi loin, aussi tard,&lt;br /&gt;si en dehors du temps, du royaume des hommes... ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp; DEUX&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je prenais dans mes bras la nuit limpide,&lt;br /&gt;la haute, la vaste nuit étrangère,&lt;br /&gt;et à ses oreilles successives je murmurais :&lt;br /&gt;« Je ne veux plus dormir, plus jamais, nuit, épars&lt;br /&gt;nuages d’étoiles au-dessus des plaines figées,&lt;br /&gt;au-dessus des canaux sinueux, oscillants et froids,&lt;br /&gt;au-dessus des parcs désarmés, où la brume et les feuilles rousses&lt;br /&gt;sentent venir l’automne et, ensemble, attendent&lt;br /&gt;sa loi, leur destin, comme les pauvres figures humaines. »&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et à ses oreilles successives je murmurais :&lt;br /&gt;« Je ne veux plus dormir, plus jamais, je veux toujours&lt;br /&gt;plus de temps pour mes yeux, - vie, sable, amour profond... –&lt;br /&gt;coquilles de pensées se rêvant désertiquement. »&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et la nuit me disait : « Viens donc avec moi, dans le vent des dunes,&lt;br /&gt;viens voir quels souvenirs voltigent sur le front tranquille du sommeil,&lt;br /&gt;et sur les paupières lisses, la pâle joue, la lèvre immobile&lt;br /&gt;et les mains libres des vagues corps endormis ! »&lt;br /&gt;« Viens voir le silence qui tisse et détisse des ordres surhumains,&lt;br /&gt;et les noms éphémères de tout ce qui descend vers la frange de l’horizon !&lt;br /&gt;Oh ! les noms... – dans l’écume, sur le sable, à la lisière incertaine des mondes,&lt;br /&gt;placides, fragiles, livrés à leur existence brève,&lt;br /&gt;irresponsables et tendres, flottant, flottant sur l’ombre des âmes,&lt;br /&gt;soupir du printemps sur l’arête soudaine des mois... »&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et le langage de la nuit était très ancien et précis.&lt;br /&gt;Et j’allais avec elle sur les dunes, sur l’horizon,&lt;br /&gt;parmi des moulins et des bateaux, entre mille infinis lits nocturnes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mes yeux portaient plus loin que jamais,&lt;br /&gt;ils volaient, ni fermés ni ouverts,&lt;br /&gt;indépendants de moi,&lt;br /&gt;sans aucune pesanteur, dans l’obscurité,&lt;br /&gt;et ils lisaient, lisaient, lisaient ce qui ne fut jamais écrit,&lt;br /&gt;dans la plate solitude du temps, et sans aucun espoir,&lt;br /&gt;- aucun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp; TROIS&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nuit n’est pas uniquement une noirceur sans marges ni directions.&lt;br /&gt;Elle a sa clarté, ses sentiers, ses escaliers, ses échafaudages.&lt;br /&gt;La grande armature de la nuit monte des plaines sous-marines&lt;br /&gt;vers les vastes cieux étoilés,&lt;br /&gt;en trapèzes, ponts, vertigineuses balustrades,&lt;br /&gt;destinées à d’obscures contemplations et expectatives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, la nuit m’emportait... – dans de hautes maisons, dans de soudaines rues,&lt;br /&gt;et derrière des rideaux tirés reposaient des têtes endormies,&lt;br /&gt;et sous des lumières pâles gisaient des mains sans vie,&lt;br /&gt;et il y avait des corps enlacés, et divers désirs immenses,&lt;br /&gt;des doutes, des amours, des adieux,&lt;br /&gt;- mais tout cela détaché et fluide,&lt;br /&gt;flottant parmi objets et circonstances,&lt;br /&gt;avec des grâces d’arc-en-ciel et d’acier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et les joueurs d’échecs poussaient des chevaux et des tours,&lt;br /&gt;à l’extrémité de la nuit, entre des cimetières et des champs...&lt;br /&gt;- mais tout cela involontaire et ténu –&lt;br /&gt;tandis que les fleurs prenaient forme et que, dans le même mouvement,&lt;br /&gt;les troupeaux produisaient du lait, de la laine,&lt;br /&gt;éternellement du lait, de la laine, mugissement immense...&lt;br /&gt;Tandis que les colimaçons roulaient dans le lent tourbillon des vagues&lt;br /&gt;et que la feuille jaune se détachait, terminée : air, soupir, solitude.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et la nuit m’emportait, parfois volant entre les murailles du brouillard,&lt;br /&gt;parfois flottant sur les froids canaux, avec leurs barques silencieuses&lt;br /&gt;ou bien foulant la fragile tourbe ou la boue amère.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et de belles voix encore éveillées chantaient de temps en temps.&lt;br /&gt;Et de jeunes lèvres risquaient des questions sur de douloureux sujets.&lt;br /&gt;Les chiens aussi passaient avec leur ombre, lucides et pensifs.&lt;br /&gt;Et des silhouettes irréelles, loin de leur domicile,&lt;br /&gt;traversées par la nuit, par l’heure, par le destin,&lt;br /&gt;flottaient avec nostalgie, attendant d’impossibles rencontres,&lt;br /&gt;dans quels pays, mon Dieu, dans quels pays au-delà de la terre,&lt;br /&gt;ou de l’imagination ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nuit m’emportait si haut&lt;br /&gt;que les cartes du monde devenaient inutiles.&lt;br /&gt;Les choses retombaient en enfance, et même au-delà,&lt;br /&gt;revenues à une pureté totale, à une éminente clairvoyance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis tout voulait être à nouveau. Non pas être ce qui était déjà, ni ce qui avait été,&lt;br /&gt;- mais ce qui devait être, dans l’ordre de la vie immaculée.&lt;br /&gt;Et tout ne pensait peut-être pas : mais doucement souffrait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je prenais la nuit dans mes bras et lui demandais d’autres signes, d’autres certitudes :&lt;br /&gt;la nuit parle mille langages, en même temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et elle passait sur la mer, vers sa profonde sépulture.&lt;br /&gt;Et un grand frisson de larmes préparait des mots et des songes,&lt;br /&gt;ces vastes nuages que les hommes recherchent...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp; QUATRE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans quels longs abîmes dansaient-ils ? Dans quels longs salons&lt;br /&gt;souriaient de beaux visages, si fous,&lt;br /&gt;si malheureux, entre or et soie – travail de l’oubli ! –&lt;br /&gt;et les cristaux et la lumière dressée et mobile&lt;br /&gt;au bout des tiges de cire des fleurs à un seul pétale ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ah... les ombres glissantes paraissaient aussi vivantes&lt;br /&gt;dans les miroirs limpides, impeccables, vides pour toujours,&lt;br /&gt;brillants jardins fictifs, au portique trompeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nuit m’entraînait et me disait :&lt;br /&gt;« Mon chemin est toujours au-delà de tout :&lt;br /&gt;que deviennent ces yeux, ces lèvres et ces mains scintillantes ?&lt;br /&gt;Et ces danses, - où glissent-elles, que deviennent-elles si je déroule&lt;br /&gt;mes demeures improvisées ?&lt;br /&gt;Et ces ombres que feront-elles, si je ferme soudain&lt;br /&gt;mes portes limpides ? »&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nuit m’élevait en elle comme l’eau docile d’un immense moulin.&lt;br /&gt;Et elle roulait avec moi dans son monde silencieux et délivré.&lt;br /&gt;Il n’y avait plus rien : seulement son pouvoir, sa grandeur, sa solitude.&lt;br /&gt;Elle était déserte, absente, et en même temps pleine, et palpitante.&lt;br /&gt;Elle faisait apparaître et disparaître des mirages, et rien n’en subsistait.&lt;br /&gt;Et c’était une étrange surdité, pénétrante,&lt;br /&gt;qui absorbait toutes les paroles et les musiques. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp; CINQ&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Clair visage inexplicable,&lt;br /&gt;limpide visage de jadis,&lt;br /&gt;presque d’eau, fait de sable,&lt;br /&gt;et qui poursuis la nuit,&lt;br /&gt;à travers les nuages et les dunes,&lt;br /&gt;troublé dans l’air de l’automne,&lt;br /&gt;douloureux et souriant,&lt;br /&gt;libre d’amour et de sommeil...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pauvre visage presque en cendre,&lt;br /&gt;prenant dans le brouillard l’aspect,&lt;br /&gt;d’une fleur de sel et de vent,&lt;br /&gt;avec son profil étranger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mer du Nord est toute proche,&lt;br /&gt;tenant les dunes dans ses bras.&lt;br /&gt;Elle voit passer ce visage&lt;br /&gt;oublieux de lui-même.&lt;br /&gt;Entre les étoiles et la lune,&lt;br /&gt;il passe dans la mer du Nord&lt;br /&gt;un visage bref et sans dates,&lt;br /&gt;court pétale de mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il passe, avec les yeux fermés...&lt;br /&gt;Interminables rideaux,&lt;br /&gt;silence d’eau couvrant les fleurs,&lt;br /&gt;traductions de choses divines...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp; SIX&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et la nuit passait au-dessus des palais et des tours.&lt;br /&gt;Mais tout était comme la plaine,&lt;br /&gt;parce que la nuit vole si haut,&lt;br /&gt;que les reliefs s’estompent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, la nuit pouvait être un immense bateau,&lt;br /&gt;avec un vague sentiment de tristesse&lt;br /&gt;bouillonnant à ses flancs comme une écume silencieuse et ténue&lt;br /&gt;et ourlant son passage de soupirs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car tout n’était pas égal,&lt;br /&gt;- ah ! comme on sentait que tout ne serait jamais égal,&lt;br /&gt;malgré la distance, l’altitude, le silence...&lt;br /&gt;- mais tout était équivalent,&lt;br /&gt;équivalent et provisoire :&lt;br /&gt;épée, musique, chiffre, larme, oiseau dans les dunes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et en même temps tout était beau,&lt;br /&gt;et l’uniforme, l’apparente fraternité&lt;br /&gt;pliait tout en un unanime sommeil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et les idées se brouillaient en des galeries obscures,&lt;br /&gt;car la nuit passait de plus en plus loin,&lt;br /&gt;et que tout ce qui prend du relief au soleil,&lt;br /&gt;la nuit forme un univers submergé, brumeux et généralisé.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et je me sentais à la proue de la nuit,&lt;br /&gt;enrobée par ce souffle mélancolique,&lt;br /&gt;effluve de l’humaine réflexion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et je désirais plonger, descendre dans ce torrent d’ombre,&lt;br /&gt;ressentir ardemment les rêves,&lt;br /&gt;dans chaque maison, dans chaque chambre,&lt;br /&gt;entre les cheveux étalés sur de grands oreillers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le rêve est une propriété ineffable :&lt;br /&gt;et l’on ne peut seulement sentir son exhalaison,&lt;br /&gt;comme dans les fleurs, au moins, cette nouvelle, qu’est le parfum,&lt;br /&gt;ou son mouvement,&lt;br /&gt;comme, parfois, dans le petit mot que l’on avoue,&lt;br /&gt;dans la petite larme qui, parfois, tombe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les rêves n’appartiennent même pas aux têtes endormies :&lt;br /&gt;car la nuit les absorbe, les emporte, les annule,&lt;br /&gt;ou les continue, les transfère, les confond,&lt;br /&gt;- lointaine, haute, puissante, inhumaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp; SEPT&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout gît dilué, scintillant, dans un profond brouillard.&lt;br /&gt;Rien cependant n’est perdu ni oublié, bien que si finement&lt;br /&gt;éparpillé dans cette immensité.&lt;br /&gt;Images et symboles se corrompent, mais l’essence résiste.&lt;br /&gt;Des limonaires et des cloches résonnent, avec les hélices, cantiques et cris,&lt;br /&gt;et tout est bruit, dans ces couloirs silencieux,&lt;br /&gt;et la douce lumière habite mille recoins,&lt;br /&gt;tout comme elle est passée d’innombrables fois&lt;br /&gt;sur des yeux, une fleur, de la soie, une plaie, une pierre précieuse.&lt;br /&gt;Et sur de diaphanes balances reposent diamant et pollen,&lt;br /&gt;bibliothèques et arsenaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout est plongé dans cette brume :&lt;br /&gt;le brouhaha historique, la victime et le bourreau,&lt;br /&gt;la mélodie de la sirène nordique, à la proue du bateau de conquête,&lt;br /&gt;plumes et arquebuses,&lt;br /&gt;le pas du fantôme sur des escaliers aériens,&lt;br /&gt;fléau et soupir, acte et remords...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout gravite dans la structure de la nuit,&lt;br /&gt;dans ses archives superposées.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La trace exiguë des mouettes va aussi loin&lt;br /&gt;que l’odeur des plages et que la grandiose rumeur des machines.&lt;br /&gt;Anatomie raréfiée du paysage,&lt;br /&gt;où chaque élément devient translucide,&lt;br /&gt;fragile et tendu comme l’aile des insectes et le flexion de la pensée.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D’étroites passerelles traversent la nuit :&lt;br /&gt;Fines lignes reliant les points éloignés.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais qui retient la nuit, ainsi chargée de ces décombres,&lt;br /&gt;qui au soleil ont l’aspect de grands biens indispensables ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Homme, chose, fait, rêve,&lt;br /&gt;tout est pareil, de la substance du sable,&lt;br /&gt;tout est murs de sable, comme sur ce sol inventé :&lt;br /&gt;mer vaincue, faune exténuée, flore dispersée,&lt;br /&gt;tout correspond :&lt;br /&gt;le colimaçon émet dans la vague le même bruit que la lèvre de l’amour&lt;br /&gt;et que la voix de l’agonie.&lt;br /&gt;Les embrassades, les nuages, l’automne dans le parc,&lt;br /&gt;font tous le même geste , grave, précaire, fluide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ah, et les blonds cheveux soyeux, et la paupière lumineuse,&lt;br /&gt;et les racines obstinées, et l’ossature terne,&lt;br /&gt;et ma veille éblouie,&lt;br /&gt;et la mémoire de l’univers,&lt;br /&gt;tout est là, avec aussi la lumière diffuse qui entoure la lune,&lt;br /&gt;avec aussi la lueur du pôle et les eaux hybrides,&lt;br /&gt;et tout s’effeuille en des lieux invisibles&lt;br /&gt;dans un autre royaume que seule atteint la nuit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp; HUIT&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui a le courage de demander, dans la nuit immense ?&lt;br /&gt;Et que valent les arbres, les maisons, la pluie, le petit passant ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que vaut la pensée humaine,&lt;br /&gt;courageuse et vaincue,&lt;br /&gt;dans la turbulence des heures ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que valent la conversation à peine murmurée,&lt;br /&gt;la stérile tendresse, les délicats adieux ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que valent les paupières du timide espoir,&lt;br /&gt;humectées de sel tremblant ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sang et la larme sont de petits cristaux subtils,&lt;br /&gt;dans le profond diagramme.&lt;br /&gt;Et l’homme si inutilement pensant et pensé&lt;br /&gt;n’a que la tristesse pour le distinguer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car il y avait dans ces humides parages&lt;br /&gt;des animaux endormis, avec le même mystère humain :&lt;br /&gt;grands comme des portiques, doux comme du velours,&lt;br /&gt;mais sans souvenirs historiques,&lt;br /&gt;sans engagements à vivre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Grands animaux sans passé, sans antécédents,&lt;br /&gt;purs et limpides,&lt;br /&gt;avec seulement le poids du travail dans leurs robustes flancs&lt;br /&gt;et des notions d’eau et de printemps dans leurs tranquilles naseaux&lt;br /&gt;et dans la longue soie de leurs crinières ébouriffées.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la nuit se désagrégeait à l’orient,&lt;br /&gt;pleine de fleurs jaunes et rouges.&lt;br /&gt;Et les chevaux dressaient, entre mille rêves vacillants,&lt;br /&gt;ils dressaient en l’air leur vigoureuse tête,&lt;br /&gt;et commençaient à tirer les immenses roues du jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ah ! le réveil des animaux dans la vaste campagne !&lt;br /&gt;Cette chute du sommeil, cette continuation de la vie !&lt;br /&gt;Le chemin qui va des pâturages éthérés de la nuit&lt;br /&gt;au grand jour de la vassalité humaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp; NEUF&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J’ai vu tes vêtements briller&lt;br /&gt;sans aucune lueur du jour.&lt;br /&gt;On a dit que c’était la lumière de fleurs,&lt;br /&gt;de fleurs de vastes champs,&lt;br /&gt;dont on ne savait pas les noms...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J’ai vu ton visage lumineux&lt;br /&gt;se pencher sur mon silence.&lt;br /&gt;Mais on a dit que c’était la lune,&lt;br /&gt;des prismes d’étoiles, du sable,&lt;br /&gt;une phosphorescence marine...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ta voix me parlait&lt;br /&gt;en grands éclats tumultueux.&lt;br /&gt;Mais on disait que c’était le vent,&lt;br /&gt;l’automne dans les ramages,&lt;br /&gt;la langue aveugle des buccins...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et j’ai marché avec toi dans mon âme&lt;br /&gt;comme les rois portent des couronnes,&lt;br /&gt;comme les mères portent leurs enfants&lt;br /&gt;et l’océan son mouvement&lt;br /&gt;et la forêt ses parfums.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On disait que c’était la nuit,&lt;br /&gt;le mirage des désirs...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je dois baigner mes yeux&lt;br /&gt;sur les mille rivages de l’aurore,&lt;br /&gt;pour voir si je te vois encore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp; DIX&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a beaucoup plus de nuit que sur les tours et les ponts :&lt;br /&gt;et depuis elle on voit différemment les longues prairies successives,&lt;br /&gt;la vase, les coquilles, les fragiles squelettes,&lt;br /&gt;la vague hérissée, paralysée en humus,&lt;br /&gt;séparée pour toujours de la mer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour qui travaille le flamboyant univers ?&lt;br /&gt;Pour qui se fatigue demain le corps de l’homme transitoire ?&lt;br /&gt;A qui pensons-nous, pendant la surhumaine nuit,&lt;br /&gt;dans une ville aussi lointaine, à une heure sans personne ?&lt;br /&gt;Pour qui espérons-nous la répétition du jour,&lt;br /&gt;et pour qui s’accomplissent ces métamorphoses,&lt;br /&gt;toutes les métamorphoses,&lt;br /&gt;au fond de la mer et sur la rose des vents,&lt;br /&gt;dans une veille humaine et dans l’autre veille,&lt;br /&gt;qui est toujours la même, sans jour, sans nuit,&lt;br /&gt;inconnue et évidente ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je prenais dans mes bras la nuit limpide,&lt;br /&gt;la nuit exacte qui apparaît et disparaît à sa juste limite,&lt;br /&gt;la nuit qui existe et n’existe pas,&lt;br /&gt;et je murmurais à ses oreilles successives :&lt;br /&gt;« Je ne veux plus dormir, plus jamais... jamais... » Et la nuit&lt;br /&gt;emportait mes yeux et ma pensée,&lt;br /&gt;elle les emportait parmi les étoiles antiques,&lt;br /&gt;parmi les étoiles naissantes,&lt;br /&gt;- et elles étaient bien plus petites&lt;br /&gt;que les lettres de mon cri.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp; ONZE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le menu sable chemine de son pas invisible :&lt;br /&gt;à partir du verre cassé, de la montagne submergée,&lt;br /&gt;le sable se gonfle et forme des paysages, des champs, des pays...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le schéma du poisson et de la coquille modèle ses dessins&lt;br /&gt;et l’anémone se déploie,&lt;br /&gt;et le fond de la mer imite l’inaccessible firmament.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la fleur grandit, proche,&lt;br /&gt;pleine de subtiles arabesques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l’eau palpite entre le pôle et le canal,&lt;br /&gt;vive et sans nom et sans heure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le rêve s’étend comme les immenses filets,&lt;br /&gt;au vent du monde, dans l’écume du temps,&lt;br /&gt;et toutes les métamorphoses déchues s’agitent là,&lt;br /&gt;glissant entre les mailles très exiguës&lt;br /&gt;qui séparent ce qui est vie de ce qui est mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et la main qui dort est burinée par la nuit,&lt;br /&gt;par la nuit qui connaît toutes les veines,&lt;br /&gt;qui protège et détruit pétale et cartilage,&lt;br /&gt;la petite larve aquatique&lt;br /&gt;et le taureau qui se rue contre le lever du jour...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car le jour vient.&lt;br /&gt;Et notre voix est un son qui se prolonge&lt;br /&gt;à travers la nuit.&lt;br /&gt;Un son qui n’a de sens que dans la nuit.&lt;br /&gt;Un son qui apprend, dans la nuit,&lt;br /&gt;à être l’absolu silence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp; &a