15 janvier 2008
Lettre documentaire 416
AUBE SUR LE VILLAGE
de Cecília Meireles
Aube sur le village brumeux
avec les glycines ruisselantes de rosée,
les figues argentées de rosée,
les derniers raisins miraculeux.
Le silence est assis dans les couloirs,
adossé aux épaisses cloisons,
comme en sentinelle.
Et dans chaque chambre les couvertures velues enveloppent le sommeil :
puissants animaux bienfaisants, incarnats et noirs.
Avant qu’un soleil lunaire
dissolve les vitres froides,
et que la chaleur de la cuisine parfume la maison
avec le souvenir des arbres en feu,
La petite vieille qui apporte le lait de chèvre descend la rue pavée
très ancienne, très ancienne,
et le pêcheur offre à ceux qui s’éveillent tout juste
les poissons translucides,
qui remuent encore, à la recherche du fleuve.
("Madrugada na aldeia", par Cecília Meireles, in Mar absoluto e outros poemas, 1945. Cette traduction française par Philippe Billé avait d'abord paru dans la revue belge Mensuel 25, n° 70, en mars 1983)
Commentaires
Poster un commentaire
Rétroliens
URL pour faire un rétrolien vers ce message :
http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?bid=189439&pid=7567963
Liens vers des weblogs qui référencent ce message :